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Francis Combes – Quelques pistes de réflexion sur le néofascisme

Francis Combes est venu débattre avec nous mardi 3 février au Centre Georges Politzer dans le cadre de l’atelier APPS « DIALECTIQUE PRATIQUE » et nous l’en remercions. 

Il avait répondu à notre demande de travailler la question complexe et actuelle du néo fascisme. Son intervention nous a permis d’éclairer ce phénomène, d’en débattre et de  donner des pistes de réflexions

1 – La vague national-populiste

Une lèpre se répand à la surface de la terre et elle semble n’épargner aucun continent.

De Washington à Tokyo en passant par Santiago du Chili, Rome, Berlin ou Paris, nous voyons les peuples accorder leurs suffrages à des dirigeants d’extrême droite, nationalistes, xénophobes et autoritaires. Que se passe-t-il vraiment ? Le monde est-il devenu fou ? La question peut être posée. En tout cas la première de nos tâches serait d’essayer de comprendre et d’analyser si nous voulons combattre cette vague brune.

Je crois qu’il y a deux phénomènes liés mais différents et qu’il convient de distinguer : la vague réactionnaire qui déferle sur les peuples de la planète et l’option néo-fasciste en faveur de laquelle semblent opter un certain nombre de dirigeants.

Cette vague réactionnaire se manifeste dans le domaine politique, (avec les poussées nationalistes, xénophobes et racistes), dans le domaine économique et social (avec le rejet de toute perspective de transition écologique et de maîtrise démocratique), dans le domaine sociétal,(avec la remise en cause des droits des femmes et des minorités sexuelles) et sur le terrain idéologique et culturel (avec notamment l’émergence d’un nouvel irrationalisme et des atteintes préoccupantes à la liberté d’expression).

Cette vague réactionnaire me paraît avoir une double cause.

D’abord l’effondrement de l’Union soviétique. Nous sommes toujours dans la phase historique du ressac des idées révolutionnaires que cet effondrement a entraîné. Partout cela se traduit par le retour des idéologies les plus rétrogrades, sous les auspices ou non d’un retour des religions ou sous le signe du nationalisme dans toutes ses variantes. Ces idées avaient été souvent occultées, parfois censurées mais visiblement pas toujours combattues et certainement pas éradiquées. En Russie, c’est le retour du chauvinisme grand russe avec la bénédiction de l’église orthodoxe, en Ukraine, celui du nationalisme antirusse, voire de la nostalgie de Bandera et de ses collaborateurs nazis. Ailleurs cela prend d’autres formes. Quand les nationalistes prirent le pouvoir en Hongrie le poète Miklos Vamos avait écrit en Une d’un grand journal : « Je vois monter de la merde la Hongrie profonde ».

Mais au-delà de ce « retour du refoulé » dans les anciens pays socialistes, cet effondrement (lié aux mésaventures de nombreuses entreprises d’indépendance post-coloniale voire de régimes qui se voulaient progressistes dans le reste du monde), a contribué à affaiblir l’idée qu’on pouvait faire autrement que le capitalisme et « qu’un autre monde était possible ».

L’autre cause, me semble tenir aux effets de la mondialisation capitaliste.

Cette mondialisation ultra-libérale, a été initiée au départ par les cercles capitalistes dominants qui voulaient réduire la souveraineté des Etats pour donner libre cours à la circulation des capitaux et des marchandises. Elle a accentué de manière évidente les inégalités sociales et elle a mis les peuples en concurrence entre eux.

Elle a crée une insécurité économique et sociale, avec la remise en cause générale des services publics, qui fragilise le plus pauvres et fait en même temps monter l’aspiration à la sécurité et à l’ordre.

La mise en concurrence des peuples entre eux nourrit bien sûr le racisme, la crainte de l’immigration, du « grand remplacement » comme dit l’extrême-droite et la haine de l’autre, surtout s’il est pauvre. (Il n’y a jamais de racisme envers les émirs du pétrole qui achètent des clubs de foot)

Cette mondialisation s’accompagne de la négation de l’identité culturelle des peuples. La guerre menée contre à la langue française ici en est un bel exemple. Cela provoque en retour, un peu partout, des réflexes identitaires, de repli sur soi, du retour au protectionnisme aux USA à la thématique de la « préférence nationale » ici.

L’idée s’est installée dans bien des têtes qu’« avant, c’était mieux ». Idée par définition réactionnaire. Quitte à se livrer à une idéalisation du passé. On rêve d’une France qui n’a jamais existé. Comme d’autres, ailleurs ou ici, rêvent du retour à un islam pur et mythique…

Les peuples ont dans une large mesure été amputés de l’espérance en un avenir meilleur.

« No future » est le refrain qui hante l’inconscient collectif de notre époque.

2 – Le néofascisme

Cette vague réactionnaire qui inspire en de nombreux endroits des politiques qu’on pourrait qualifier de « national-populistes », constitue la base d’un néofascisme potentiel. Mais ce néofascisme s’en distingue : c’est la tentation chez certains des principaux dirigeants de la planète de s’affranchir des règles démocratiques, même dites « bourgeoises » qui entravent leur action, par exemple des règles du droit national et très spécifiquement du droit international, pour recourir à la violence ouverte afin de conserver leur domination.

Il faut dire que la mondialisation s’est dans une large mesure retournée contre ses initiateurs. Elle a finalement vu l’émergence des pays du Sud Global dont le développement économique menace à terme l’hégémonie des anciennes puissances impérialistes, lesquelles, qu’il s’agisse des Etats-Unis, de l’Angleterre ou de la France connaissent un déclin relatif mais réel.

L’obsession chinoise de Trump le montre assez clairement. Comme à l’époque de la Guerre de l’opium, déclenchée par les Anglais au XIXe siècle, (1839-1856), les grands pays capitalistes importent plus de la Chine qu’ils ne lui vendent. Leur balance commerciale s’en trouve déséquilibrée et la puissance de leur monnaie aussi.

D’autant que ces pays du Sud, réunis dans les BRICS (Brésil/Russie/Inde/Chine/Afrique du Sud) envisagent maintenant de développer leur propre système bancaire et monétaire international en court-circuitant l’hégémonie du dollar. Reste, pour maintenir coûte que coûte cette hégémonie, la puissance de l’armée américaine qui est de loin la plus forte armée du monde.

L’agressivité tous azimuts dont fait preuve Trump n’est pas simplement un trait de caractère personnel, c’est une nécessité pour le capitalisme américain. Comme l’indiquait déjà Le Grand échiquier, le livre de Zbigniew Brzezinsky, ancien conseiller du Département d’Etat américain et ancien président de la Trilatérale, les USA disposent d’une fenêtre de tir historique entre la chute de l’URSS et l’émergence de la Chine pour s’assurer du contrôle des ressources de la planète, d’où la course au pétrole, à l’uranium et aux terres rares, les manœuvres autour du Venezuela, les menaces sur le Groenland…

Nous assistons à la tentative de faire durer plus longtemps qu’il ne devrait le modèle industriel du capitalisme nord-américain, une économie basée sur le pétrole et le gaz, la sidérurgie, l’automobile, l’armement. Modèle évidemment extractiviste qui rejette comme utopie toute perspective d’un autre développement industriel, plus économe en ressources notamment du sous-sol, et faisant une place plus grande aux énergies renouvelables.

Comme à la veille de la Première et même de la Deuxième Guerre mondiale, ce qui est en jeu, c’est un nouveau partage du monde entre les grandes puissances. Et c’est évidemment gros d’un risque de conflagration générale.

Ce néofascisme porte toujours en lui la violence. Et potentiellement la guerre. Pour ces raisons d’expansion du capital, mais aussi parce qu’il lui faut désigner un bouc émissaire à éliminer. Hier les Juifs, aujourd’hui les Arabes ou les immigrés illégaux. Le fascisme est tendanciellement génocidaire et il correspond bien à la phase « exterministe » du capitalisme telle que la décrit le philosophe Georges Gastaud. Celle où, pour relancer les affaires, (ou pour parler en termes plus précis : l’accumulation du capital) on peut froidement envisager d’éliminer une partie de l’humanité, détruire une partie du capital variable comme on détruit du capital constant, c’est-à-dire de la force de travail inutile comme on détruit des marchandises en surproduction, non pas surproduction dans l’absolu mais surproduction par rapport à la possibilité de les réaliser dans la vente, sur le marché, par rapport à la solvabilité du marché.

Enfin, et Trump comme Netanyahu nous en ont donné des exemples flagrants, ils ont en commun avec leurs prédécesseurs fascistes et nazis, un même mépris pour le droit, le droit international issu de la victoire de 1945, et en général l’État de droit et les lois. Ils sont au-dessus des lois.

Comme le montrait très bien Bertolt Brecht dans sa pièce « La Résistible ascension d’Arturo Ui », le fascisme c’est le banditisme érigé en ligne politique. Le principe moral fondamental du fascisme, c’est Jean de La Fontaine qui l’exprime dans sa fable du Loup et de l’agneau : « La loi du plus fort est toujours la meilleure ».

On peut noter que ce néo fascisme qui recourt à la violence et au piratage en haute mer, pour tenter de maintenir une hégémonie, à la différence de sa base national-populiste n’est pas seulement réactionnaire, il est capable d’une vision d’avenir.

Chez un homme comme Elon Musk, il y a même une forme d’utopie futuriste et post humaniste. Une fois que nous aurons pillé les ressources de la Terre, il restera encore la possibilité d’aller coloniser Mars, et il prévoit d’envoyer un million de colons terriens grâce à ses fusées !

Evidemment son rêve s’il se réalisait risque dort de se transformer en cauchemar pour la masse des Terriens. C’est la promesse d’un avenir d’apartheid généralisé entre les riches et la pauvres.

Ce néofascisme moderniste, comme le montre ce cas exemplaire mais il y en d’autres, est porté par quelques milliardaires qui possèdent des sociétés plus riches que des Etats

et qui ont de plus la main sur les médias, les réseaux sociaux, les moyens de télécommunication, les satellites. Et donc de formidables moyens de surveillance, de manipulation et de contrôle des individus.

L’actualité du combat anti-impérialiste paraît donc évidente. Mais ce combat n’est pas simple pour autant. En effet, du côté des pays du Sud, il y a bien des régimes despotiques et meurtriers pour leur peuple que nous n’avons pas envie de soutenir. Comme le régime des mollahs iraniens qui vient de noyer dans le sang le soulèvement de tout un peuple.

L’Inde qui se flatte d’être la plus grande démocratie au monde, est aujourd’hui dirigée par un premier ministre d’extrême-droite et la proie d’un nationalisme hindou sectaire. Mais elle est aussi le lieu d’expériences démocratiques passionnantes, notamment au Sud, dans l’Etat du Kérala.

Quant à la Chine, qui connaît un progrès extraordinaire au plan matériel (et qui est même en avance dans de nombreux domaines sur les pays occidentaux, – ce qui n’était pas le cas de l’URSS – y compris en matière de protection de l’environnement), de l’aveu même de ses dirigeants, elle n’en est qu’à la « phase primaire du socialisme » et ne peut pas constituer pour nous un modèle de socialisme développé et démocratique.

Le monde ne se divise donc plus (mais l’a-t-il jamais été ?) entre les bons et les méchants.

Il y a un fascisme des dominants et un ou des fascismes chez les dominés. On peut et doit être anti-impérialiste et en même temps solidaire des peuples qui se battent pour leur liberté. En espérant que celle-ci ne prenne pas partout la forme catastrophique de la Pax americana, telle qu’elle s’impose à Gaza.

3 – ressemblances et différences

Le néofascisme que l’on voit progresser dans de nombreux pays sur divers continents est à la fois différent et semblable au fascisme historique qui a tenté de dominer le monde dans les années trente.

La différence majeure : le fascisme italien, et le national-socialisme allemand ont été soutenus par une partie du grand capital car ils permettaient de détourner les travailleurs du communisme et d’écarter le risque d’une révolution socialiste.

Aujourd’hui, le risque de révolution bolchévique paraît faible… Les néo fascistes n’ont donc pas besoin de recourir à une rhétorique anticapitaliste et socialiste. Contrairement à ceux d’hier (les Nazis se proclamaient du « national-socialisme »). Cela correspondait d’ailleurs aussi au fait que le capitalisme de cette époque , sous la forme de l’économie militarisée du fascisme ou des politiques plus sociales dites keynésiennes, avait besoin d’une relance et d’une régulation par l’Etat. Les néo-fascistes d’aujourd’hui sont pro capitalistes et ultra-libéraux. Aux Etats-Unis certains se réclament d’un courant dit « libertarien », voire « anarcho-capitaliste », qui se défient de l’Etat et détournent l’attachement anarchiste à la liberté individuelle en culte de l’inégalité et de la loi de la jungle.

parenthèse sur le totalitarisme

Au passage, cela démontre l’inanité de l’assimilation fascisme / communisme. Assimilation qui, avec la banalisation de la thèse d’Hannah Arendt sur le totalitarisme, est aujourd’hui communément admise et même intégrée aux manuels scolaires qui mettent sur le même plan hitlérisme et stalinisme. Cette identification de l’un à l’autre repose il est vrai sur certaines homologies de forme : le goût pour l’organisation de spectacles de masses, les activités sportives en plein air, l’enrôlement dans les organisations de jeunesse, la prise en charge de tous les aspects de la vie des individus par l’Etat ou le parti… qui sont autant de phénomènes réels ; pour un part des aits d’époque, (comme par exemple une certaine architecture monumentale, qui fait qu’on pourrait qualifier de fasciste ou stalinienne aussi bien l’architecture de Nuremberg que celle des grands hôtels de Moscou ou du Palais de Chaillot à Paris).

Pour une autre part ces homologies étaient sans doute le symptôme d’une idée dominante, dans un régime comme dans l’autre : celle d’une union du peuple qui était censé ne faire qu’un avec ses dirigeants, dans une fusion Peuple/Parti/Etat… Or l’union fusionnelle est évidemment problématique, déjà quand il s’agit d’union amoureuse entre deux individus. A fortiori quand il s’agit de la vie de tout un peuple.

Mais la notion de totalitarisme si elle décrit un aspect de la réalité est néanmoins confusioniste dans la mesure où elle passe allègrement sur l’opposition idéologique frontale entre les deux régimes qui reflète leurs natures opposées. On ne peut pas mettre sur le même plan un régime qui prône la supériorité d’une race sur les autres et celui dont la devise est « prolétaires et peuples opprimés du monde entier, unissez-vous ». Un régime qui prône l’inégalité et un autre qui vise l’égalité. Un qui fait l’éloge de la guerre et de la violence… et l’autre qui défend l’idée de coexistence pacifique.

Déjà l’écrivain pacifiste français Jean Guéhenno, qui était critique du stalinisme et avait parfois fait cet amalgame, revenait dessus, au sortir de la Résistance, pour dire qu’on devait juger d’un système à l’homme qu’il entendait promouvoir : le communisme voulait faire des ouvriers heureux, le fascisme, des soldats.

Outre la référence à la révolution socialiste et le discours anticapitaliste, qui ont disparu à l’extrême droite, on peut remarquer d’autres différences entre le fascisme d’aujourd’hui et celui d’hier. C’est que l’Histoire est passée par là. A part pour une frange de nostalgiques et de fanatiques, la plupart des néo-fascistes ne se réclament pas ouvertement du fascisme qui, suite à sa défaite en 1945 et à la condamnation de ses crimes, a été durablement discrédité. Ils préfèrent souvent paraître « républicains », et même, dans une certaine mesure anti-racistes. Ils se permettent même de vitupérer la gauche solidaire du peuple palestinien en la qualifiant d’antisémite. Quand on sait d’où ils viennent, c’est quand même un fabuleux retournement de veste.

Enfin, ce sont des fascismes de l’âge des média modernes. La soumission des peuples passe moins par leur enrôlement dans des mouvements de masse, (avec toute la poétique des défilés et des rassemblements qui allait avec) que par le contrôle et la manipulation de l’information. Et ils procèdent pour l’instant apparemment moins par le coup de force que par le jeu électoral présidentiel qui met le peuple hors jeu.

Mais les traits communs avec leur ancêtre l’emportent : nationalisme exacerbé, chauvinisme, xénophobie, préjugés racistes et colonialistes, « suprémacistes » comme on dirait aujourd’hui,

Peur de l’autre et mépris envers celui qui est différent, par son origine, sa culture, ses croyances, ses préférences sexuelles…

L’un des ressorts aujourd’hui comme hier du fascisme, c’est une « passion triste » pour reprendre une notion de Spinoza : la peur.

L’exploitation du sentiment d’insécurité. Le culte de la police. L’ordre comme seule réponse au désordre de cette société, alors que celui-ci résulte d’abord de l’inégalité et de l’injustice.

Compte tenu de ces similitudes, mais aussi de ces différences, le détour par les analyses historiques du fascisme peut se révéler très utile, à condition de les actualiser et de les prolonger.

3 – Georges Dimitrov et l’analyse économique

Le fascisme historique (tel qu’il est apparu dans l’Italie des années vingt et a dominé l’Allemagne dans les années trente, sans oublier le militarisme nippon dont les crimes furent aussi terribles – pensons par exemple aux 600 000 morts de la prise de Nankin) ne peut pas être réduit à la folie d’Hitler ou de quelques hommes. Même si la folie des individus peut jouer un rôle dans l’histoire.

Déjà dans ces années-là il y eut de vifs débats sur la nature du phénomène. Des débats plus vifs et profonds qu’aujourd’hui.

L’explication la plus fondamentale me semble demeurer l’explication économique, inspirée du marxisme, telle que l’a formulée Gueorgui Dimitrov.

Georges Dimitrov était un militant communiste bulgare. Alors qu’il voyageait clandestinement en Allemagne, il est arrêté en 1933 et accusé, avec deux autres communistes bulgares, d’avoir organisé l’incendie du Reichstag. Lors de son procès, tous ses avocats ayant été récusés, il assura lui-même sa défense et mit en pièce l’accusation, transformant son procès en procès de l’hitlérisme.

(Une campagne internationale fut menée pour le soutenir dans laquelle il faut nommer le rôle de Willy Münzenberg et de son Livre brun). Innocenté, il est maintenu en prison et il ne sera finalement libéré qu’après que les Soviétiques lui auront accordé la nationalité russe et auront obtenu son extradition. Par la suite, il sera le secrétaire de l’Internationale communiste et l’un des initiateurs des politiques antifascistes de Front populaire.

La définition classique qu’il donne est la suivante :

« la dictature terroriste ouverte des éléments le plus réactionnaires, le plus chauvins, les plus impérialistes du capital financier. (…) Et il ajoute :

La variété la plus réactionnaire du fascisme est le fascisme de type allemand. Il s’intitule impudemment national-socialiste sans rien avoir de commun avec le socialisme allemand.

Le fascisme, ce n’est pas une forme de pouvoir d’Etat qui, prétendument se place au-dessus des deux classes, du prolétariat et de la bourgeoisie, ainsi que l’affirmait par exemple Otto Bauer.

Ce n’est pas « la petite bourgeoisie en révolte qui s’est emparée de la machine d’Etat », comme le déclarait le socialiste anglais Brailsford (…)

Le fascisme, c’est le pouvoir du capital financier lui-même contre la classe ouvrière et la partie révolutionnaire de la paysannerie et des intellectuels. » 

Dans le même discours, prononcé le 13 août 1935, en clôture du VIIe Congrès de l’IC, il précise :

« La bourgeoisie dominante cherche de plus en plus le salut dans le fascisme, afin de prendre

contre les travailleurs des mesures extraordinaires de spoliation, de préparer une guerre de brigandage impérialiste, une agression contre l’Union soviétique, l’asservissement et le partage de la Chine et sur la base de tout cela conjurer la révolution ».

Ce diagnostic du caractère de classe du fascisme reste parlant aujourd’hui et explique que le fascisme ait trouvé des alliés partout, jusque dans une partie de la famille royale anglaise. Mais son terreau furent d’abord des sociétés en proie à la crise, qui, suite à la Première guerre mondiale et au Traité de Versailles, se sont senties lésées, frustrées, humiliées, la bourgeoisie et une grande partie de la population aspirant à la revanche.

Aujourd’hui la situation est différente, mais l’évolution des contradictions inter-impérialistes reste la clef d’explication fondamentale de ce qui se produit sous nos yeux.

4 – Antonio Gramsci et la théorie politique

Antonio Gramsci
Antonio Gramsci

Outre cette explication économique essentielle, déjà à l’époque, d’autres penseurs, influencés par le marxisme, avaient mis l’accent sur d’autres aspects. C’est le cas de l’Italien Antonio Gramsci pour la dimension politique.

Antonio Gramsci est un militant italien, penseur, théoricien de la politique né en 1891 à Ales, en Sardaigne.

Il a été l’une des figures de l’aile gauche du Partis socialiste italien (dont a fait aussi partie Benito Mussolini avant de s’engager dans la voie fasciste, la constitution des faisceaux et la Marche sur Rome, en 1922).

Gramsci fut notamment l’un des animateurs du mouvement des conseils ouvriers à travers sa revue l’Ordine Nuovo, et l’un des fondateurs du Parti communiste italien.

Il s’était signalé par un article intitulé « La révolution contre le Capital » dans lequel il soutenait la révolution russe tout en disant qu’elle s’inscrivait en faux contre les prédictions des « marxistes orthodoxes » type Plekhanov, qui, répétant Marx, pensaient que la révolution devrait se produire dans les pays capitalistes le plus développés et pas dans un pays arriéré comme la Russie. Ce qui eut effectivement beaucoup de conséquences..

Gramsci sera arrêté, comme tous les députés socialistes et communistes, en 1926. Lors du procès, le procureur fasciste, Michele Isgró déclara : « Nous devons empêcher ce cerveau de fonctionner pendant vingt ans ».

Dans les années vingt, il avait publié une série d’articles (récemment édités en français par Grasset) qui décrivent avec vivacité l’apparition du fascisme.

Son analyse rejoint ou précède celle de Dimitrov. Il écrit par exemple : « Qu’est-ce que le fascisme à l’échelle internationale ? C’est la tentative de résoudre les problèmes de production et d’échange à coups de mitraillette et de pistolet ».

« Le fascisme, écrit-il en novembre 1920, est l’illégalité de la violence capitaliste, et la restauration de l’Etat passe par la légalisation de cette violence ; en effet l’histoire nous montre que la coutume précède toujours le droit. »

Il n’ignore pas la dimension économique, mais il récuse déjà, comme il le fera plus tard la réduction du marxisme – qu’il nomme « philosophe de la praxis » — à l’économisme et il insiste sur la dimension politique et idéelle.

A la différence de Dimitrov, il pointe le rôle de la petite bourgeoisie (qui est importante, en Italie comme en France) et a fourni des troupes au fascisme.

« Le fascisme dit-il, dans une formulation sans doute discutable, est la dernière représentation donnée par la petite bourgeoisie urbaine sur les planches de la vie politique nationale ». Mais il relativise son rôle et a des mots durs : « Le peuple des singes alimente l’actualité mais il ne fait pas l’histoire.  »

Il montre comment le fascisme prospère sur le fait que les masses ne croient plus à la démocratie, telle qu’elle se présente en tout cas sous la forme du parlementarisme bourgeois, impuissant à prendre en compte les aspirations populaires et à régler les problèmes. Ce que le fascisme prétend pouvoir faire.

Il y a là évidemment une forte illusion, mais comme il le note en mars 1921 : « L’illusion est la mauvaise herbe de la conscience collective : l’Histoire enseigne mais personne ne l’écoute. »

On peut prolonger sans difficulté son analyse. Aujourd’hui un mouvement comme le Rassemblement national entend aussi porter un programme qui donne satisfaction à tout le monde, aux ouvriers comme aux patrons, aux paysans comme aux consommateurs, aux « Français de souche » comme aux immigrés des générations précédentes qui ne veulent pas voir arriver la concurrence de nouvelles immigrations…

Cette démagogie s’accompagne évidemment de la négation de la lutte des classes.

Ce point est crucial. C’est un déni du réel malheureusement partagé par beaucoup de beaux esprits qui ne sont pas du tout fascistes. Mais les fascistes, aujourd’hui comme hier, prétendent dépasser la lutte des classes. Hier par le corporatisme à la mode Pétain ou Salazar. Aujourd’hui avec des programmes politiques démagogiques.

J’utilise le mot démagogie (de préférence à « populisme » qui tend à s’y substituer dans le français d’aujourd’hui) pour insister sur le caractère délibérément mensonger et hypocrite de ces programmes ramasse tout. Une fois parvenu au pouvoir, il n’est d’ailleurs pas question de les mettre en œuvre.

L’un des exemples les plus éclatants est le retournement de Meloni sur la question de l’immigration. Alors qu’elle avait mené campagne sur ce thème, une fois élue, elle a bien sûr entendu le patronat italien qui a besoin de la main-d’œuvre bon marché des immigrés et elle s’est prononcée pour l’entrée de 500 000 nouveaux travailleurs immigrés en Italie.

Notons que le rejet de la lutte des classes n’est pas le rejet de toute activité syndicale. Au contraire. Il s’accommode de l’implication dans les syndicats existants et même de la création de nouveaux capables de participer aux luttes revendicatives. Comme dans le monde paysan. Mais ce que les fascistes ne peuvent pas admettre c’est l’idée révolutionnaire selon laquelle la classe des producteurs pourrait demain être à la direction des affaires. Pour reprendre le vocabulaire de Gramsci, il faut maintenir la classe subalterne au stade économico corporatif et l’empêcher d’accéder au stade politique.

C’est la raison de l’anticommunisme de fond de cette extrême droite.

Le néofascisme mise aussi toujours sur le rejet de la démocratie et de la politique (comme il misait hier sur le rejet du parlementarisme). C’est le discours du « tous pourris ». Mais ce dégagisme qui se veut radical et qui passe pour tel auprès d’une partie de la population cache en fait un jeu politique complètement intégré au système politique bourgeois. Le Front national hier, puis le Rassemblement national aujourd’hui est une force qui est devenue un rouage essentiel de ce système et qui lui permet

de survivre depuis des années. En France, depuis plus de quarante ans, par son rôle de repoussoir, ce parti a permis l’élection et la réélection de tous les présidents de la République depuis François Mitterrand, lui compris… Il a ainsi permis la poursuite des politiques pro-européennes d’austérité dites ultra-libérales, en faveur des plus riches et contre la grande majorité. Ce parti d’extrême droite est donc bien intégré dans le système politique mais il fait profession d’être antisystème (alors qu’une partie de la gauche qui assumait traditionnellement ce rôle) semble n’avoir de cesse que de s’intégrer dans le système. On pourrait dire du néofascisme que c’est la politique du refus de la politique.

Il n’appelle pas les individus à se comporter comme des citoyens conscients et actifs, mais comme de simples supporters du spectacle que leur donnent les grands.

Comme hier, il pratique le culte du chef.

Le fascisme est aussi un port de tête

Et cela se manifeste non seulement dans les propos mais même dans la gestuelle théâtralisée des leaders, qui se substitue au débat d’idées.

Gramsci qui était sensible à la dimension formelle des événements historiques, note à propos de la gestuelle de Benito Mussolini : «  Sa doctrine est tout entière dans le masque physique, dans le roulement des yeux à l’intérieur des orbites, dans le poing serré toujours tendu en signe de menace ».

Le fascisme, plus qu’une « prise de tête » comme disent les gens que la pensée effraye, de Mussolini à Trump ou Bardella, c’est aussi et peut-être d’abord un « port de tête ». Le chef fasciste se distingue, comme le montrent les photos du chez le chef de l’ICE (la police de l’immigration de Trump) qui se pavane dans un long manteau genre SS, par sa nuque raide, son regard dominateur et son coup de menton.

C’est qu’il n’y a pas vraiment de pensée fasciste. La pensée fasciste est un oxymore.

Elle se résume à quelques aphorismes qu’on pourrait traduire ainsi :

– «  La réponse au désordre c’est l’ordre »

– « Les étrangers ne sont pas de chez nous »

-« Ceux qui sont différents ne sont pas pareils que nous »

– « Faute de pouvoir chasser la pauvreté, chassons les pauvres ! ».

Mais il peut faire illusion en reprenant certains thèmes qui alimentent le mécontentement populaire, comme sur l’Europe ou sur les retraites. Quitte à changer de position une fois au pied du mur.

5 – Georges Politzer et la lutte idéologique

Cette non pensée repose sur une idéologie qui fait la part belle à l’irrationalisme.

Nous avons déjà eu l’occasion d’évoquer ensemble la critique que le jeune philosophe Georges Politzer, tué par les Allemands, avait faite de la mythologie nazie. PAGE 9

Dans son pamphlet La Philosophe et les mythes, il répond au théoricien nazi Rosenberg qui était venu discourir à Paris, devant l’Assemblée nationale sur l’opposition selon lui fondamentale de deux principes : l’Or (incarné par le capitalisme anglais) et le Sang, la vie, incarnée par le renouveau supposé du peuple allemand, grâce au nazisme.

Il montre comment les Nazis se sont appuyés sur les vieux mythes germains, révisés à leur manière, pour substituer une mythologie de la race à la conscience de classe.

Et comment ils ont valorisé la force brute, les instincts, contre l’intelligence, la raison critique. Mais il avait aussi montré comment une certaine remise en cause du rationalisme, de Descartes par exemple, au sein même de la philosophie non seulement allemande mais aussi française (par exemple avec Bergson) avait préparé le terrain de cette contre-révolution intellectuelle.

On pourrait de même aujourd’hui rappeler comment certaines des modes philosophiques de ces dernières décennies ont préparé le terrain de la montée de l’extrême droite.

Il y a d’abord eu, sous la plume des Nouveaux philosophes comme Bernard Henri Lévy, André Glucksmann ou Alain Finkielkraut, la criminalisation de la Révolution française et des Lumières, supposées avoir ouvert la voie au totalitarisme. Et ce thème du totalitarisme, déjà évoqué, en mettant communisme et fascisme sur le même plan, a quand même eu comme effet principal de tendre à blanchir le fascisme. Je n’y reviens pas. On pourrait aussi parler du post-modernisme, pour qui le réel est éclaté, finalement inconnaissable ou en tout cas ne pourrait pas faire l’objet d’un discours « totalisant ». (Evidemment, cela mériterait un examen plus précis car il y a de fortes différences et même des oppositions entre des philosophes dits post-modernes, comme Lyotard, Foucault ou Derrida…) Mais l’idée générale qui s’est diffusée dans la société, est que l’acceptation de la diversité du réel a pour corolaire qu’on ne pourrait plus tenir un grand discours unificateur décelant un sens général dans l’évolution de la matière, de la vie, de la société. D’où une remise en cause fréquente de l’idée même du progrès, ce qui fait évidemment le lit de la réaction.

Sans doute le sens qui peut se dégager des avancées scientifiques plaide en faveur d’un sens multiple, contradictoire et buissonnant, capable de pauses voire de régressions, c’est un sens ou la nécessité fait une place au hasard. L’idée de progrès qui peut en découler n’est pas linéaire, mais ouverte sur des possibles multiples… Mais comme l’indiquait Michel Serres, et comme le montre Georges Gastaud, les dernières découvertes scientifiques nous autorisent à tenter de formuler à nouveau un grand discours rationaliste et unificateur.

6 – Le freudo marxisme et la critique sexuelle du fascisme.

Plusieurs penseurs marqués par le marxisme et par la psychanalyse, comme Marcuse, ont aussi tenté, dès les années de la guerre et de l’après-guerre, de comprendre comment le fascisme avait pu s’appuyer sur une économie libidinale, une exploitation des désirs inassouvis des hommes.

On peut citer les travaux de Wilhelm Reich qui fut l’un des animateurs du mouvement Sexpol et le théoricien de la révolution sexuelle laquelle devait, selon lui, accompagner la révolution sociale. Faute de quoi la société nouvelle serait incapable d’assurer le bonheur des individus et finirait par échouer. Dans son livre Psychologie de masse du fascisme, écrit en 1933 et publié en 1946, sans remettre en cause la dimension économique,

il insiste sur le fait que les Allemands ont volontairement accepté de se soumettre à cet ordre nouveau.

Selon lui, la répression du désir sexuel par la société patriarcale traditionnelle et l’Etat, provoque un refoulement et le fascisme a permis à ce « besoin orgastique » des masses de se défouler dans ses grandes cérémonies mystiques et fusionnelles.

(Il y a sans doute là quelque chose de pertinent. On pourrait même étendre cette observation à certains spectacles musicaux ou sportifs d’aujourd’hui qui semblent provoquer chez leurs participants des états de transe et de fascination, voire d’aliénation momentanée de sa propre volonté. Or entre la fascination et la fascisation, il y a un lien qui n’est pas seulement de sonorité verbale.

Cela rejoint d’ailleurs les réflexions de Brecht sur le danger de l’identification, au théâtre, et la nécessité de préserver une distance critique du spectateur vis à vis de l’action qui se joue sur scène. Et cela ne vaut évidemment pas que pour le théâtre).

Sans doute la thèse de Wilhelm Reich pêche-t-elle par sa vision naturaliste et idéalisée du désir qui est exalté comme une fin en soi. Une vision hypersexualiste qui minore le rôle des affects. Sa dérive ultérieure aboutissant à un culte de l’orgasme était sans doute déjà en germe dans cette conception sexuelle.

L’évolution du néo-capitalisme et la façon dont, après 68 par exemple, celui-ci a pu récupérer la « révolution sexuelle » nous amène à être plus nuancés.

Reste une interrogation majeure. De même que la nature humaine, en général, n’explique rien, (car tout être humain est un champ de contradictions et de pulsions contraires), la psychanalyse qui porte sur l’histoire individuelle ne peut pas expliquer les événements et les évolutions de l’histoire, les guerres ou les révolutions. Par contre, il est évident que les ressorts qui permettent aux hommes de s’impliquer personnellement dans cette histoire relèvent de la psychologie et font appel à leurs pulsions profondes. On sait que les guerres, par exemple, libèrent certaines pulsions parmi les plus terribles.

Et il est sûr qu’il y a une dimension sexuelle à l’œuvre dans les grands mouvements historiques. Elle peut alimenter le sadisme des bourreaux, le masochisme des suivistes et des conformistes mais aussi, associée à la conscience, l’abnégation, le sens du sacrifice des héros, la capacité de s’investir dans l’action corps et âme.

Dans le cadre d’une conception antifasciste, moderne et actualisée, s’il est certain que l’éloge du désir ne suffit pas. Nous pourrions nous interroger sur la nécessité de réhabiliter la part des émotions, de l’empathie, de l’intérêt pour les autres, de la solidarité (qui sont à la base des sentiments d’amour et d’amitié).

Alors que le fascisme repose plutôt sur le mépris des autres et la haine qui est une pulsion de mort ; il convient au contraire de valoriser la pulsion de vie.

Comme dit le sociologue Edgar Morin, il faut prendre le parti d’Eros contre Thanatos.

La prise en compte de cette dimension affective et sexuelle paraît d’autant plus importante que dans la vague réactionnaire d’aujourd’hui entre pour une part une tentative de contre-offensive face au mouvement d’émancipation des femmes qui a marqué le XXe siècle.

Un certain nombre d’hommes se sentent probablement bousculés et même atteints dans leur virilité par cette évolution. De même que par l’affirmation du droit à la différence, à l’homosexualité ou le droit à choisir son genre et à opérer une transition sexuelle.

D’où des mouvements masculinistes et virilistes. Ces mouvements, comme tout mouvement réactionnaire, sont, pour reprendre une expression arabe, « le chant du coq égorgé ». Un effort désespéré pour s’opposer à une évolution inéluctable.

Face à ceux qui prônent la guerre des sexes, (d’un côté comme de l’autre et qui peuvent alimenter cette guerre des sexes) l’heure est sans doute à favoriser l’unité dans la différence, l’égalité dans la diversité, l’union des individus dans l’idée d’une société tolérante et accueillante aux uns comme aux autres. Les retrouvailles des hommes et des femmes, quelles que soient leurs préférences sexuelles, dans l’action et l’union.

7 – Comment faire face à cette dérive ?

C’est évidemment la question que nous devons essayer de nous poser en conclusion. Même si nous pouvons avoir le sentiment qu’il s’agit d’un chantier énorme et peut-être d’une entreprise désespérée en ce qu’elle serait au-dessus de nos forces.

Je me garderai d’indiquer des recettes ni d’ébaucher un programme… car cela devrait relever d’un travail collectif, mais je veux terminer sur une note optimiste.

D’abord cette remarque finale qui rejoint mon introduction : cette vague que nous constatons correspond fondamentalement aux difficultés du système. Peut-être assistons nous à la fin d’un grand cycle : la fin de la domination de l’homme blanc occidental, exploiteur, prédateur de la nature, colonialiste et phallocrate dont Trump est un archétype.

Mais la note immédiatement optimiste nous vient paradoxalement des USA.

La façon dont les habitants de Minneapolis réagissent en s’auto-organisant pour résister aux exactions de la police fasciste de Trump est tout à fait remarquable. Après l’élection municipale de New-York, cela montre qu’il ne faut pas désespérer de l’être humain en général et du peuple américain en particulier.

Peut-être cela redonne-t-il une actualité à l’ancienne prédiction de Marx selon laquelle, c’est dans les pays capitalistes le plus développés que mûrira l’alternative au capitalisme. (Et au fascisme qui n’est que son expression exacerbée). Le salut viendra peut-être de ce pays qui menace la pays du monde : les Etats-Unis d’Amérique…

Mais sans attendre cela, nous avons à faire ici et maintenant tout ce que nous pouvons pour mettre en échec ce néofascisme, dans l’union la plus large.

Comme le disait le poète allemand Hölderlin, disciple de Hegel, « Là ou croit le péril croit aussi ce qui sauve. »

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