{"id":150,"date":"2026-03-08T13:48:40","date_gmt":"2026-03-08T13:48:40","guid":{"rendered":"https:\/\/asso-apps.org\/?p=150"},"modified":"2026-03-08T13:48:40","modified_gmt":"2026-03-08T13:48:40","slug":"pratiquer-a-lapps-avec-henri-lefebvre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asso-apps.org\/index.php\/2026\/03\/08\/pratiquer-a-lapps-avec-henri-lefebvre\/","title":{"rendered":"Pratiquer \u00e0 l\u2019APPS avec Henri Lefebvre"},"content":{"rendered":"\n<p id=\"viewer-gnb3x1407\">Comprendre et analyser l\u2019origine de la souffrance des personnes que nous recevons en s\u00e9ance implique d\u2019avoir recours \u00e0 un autre r\u00e9gime de rationalit\u00e9 que la logique formelle habituellement utilis\u00e9e dans les \u00ab\u2009sciences psy\u2009\u00bb et inspir\u00e9e du mod\u00e8le bernardien et popp\u00e9rien. Cette logique \u00ab&nbsp;classique&nbsp;\u00bb est lin\u00e9aire et&nbsp;repose sur le <em>principe de non-contradiction<\/em>&nbsp;: on ne peut \u00eatre \u00e0 la fois une chose et son contraire. Or, les situations auxquelles nous sommes confront\u00e9s nous invitent, inversement, \u00e0 penser les contraires ensemble et \u00e0 avoir recours \u00e0 la logique dialectique qui repose sur la prise en compte des contradictions comme moteur de compr\u00e9hension de la r\u00e9alit\u00e9 v\u00e9cue par les personnes en souffrance. &nbsp; &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-d4edh1411\">Pour donner une id\u00e9e de la mani\u00e8re dont on met en \u0153uvre la dialectique marxiste au Centre Politzer et pour clarifier la diff\u00e9rence entre logique formelle et dialectique, nous nous appuierons sur les travaux d\u2019Henri Lefebvre. L\u2019ouvrage utilis\u00e9 ici est <em>Le retour de la dialectique<\/em>&nbsp;parue \u00e0 la fin des quatre-vingts. C\u2019est une sorte de r\u00e9sum\u00e9 de ses travaux o\u00f9 il revient notamment sur son approche de la dialectique et sur la relation entre ce que les philosophes appellent la <em>logique formelle<\/em>&nbsp;ou lin\u00e9aire et la <em>logique dialectique<\/em>. Th\u00e8me auquel il avait consacr\u00e9 un gros livre \u00e0 la fin des ann\u00e9es quarante.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-jvymz1419\">Premi\u00e8rement, je vais tenter d\u2019expliquer la mani\u00e8re dont il distingue logique formelle et logique dialectique. Deuxi\u00e8mement, je donnerai un exemple concret d\u2019application de la logique dialectique pour analyser autrement la psychopathologie actuelle. Troisi\u00e8mement, je terminerai sur une tentative d\u2019illustration de la mani\u00e8re de mettre en \u0153uvre cette d\u00e9marche \u00e0 propos d\u2019un cas concret.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Diff\u00e9rence entre logique formelle et logique dialectique<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p id=\"viewer-1rik01427\">Dans la division du travail scientifique, la logique est consid\u00e9r\u00e9e comme une branche de la philosophie (au m\u00eame titre que la philosophie morale et politique, la m\u00e9taphysique, l\u2019esth\u00e9tique, etc.). On l\u2019\u00e9tudie de mani\u00e8re abstraite et d\u00e9tach\u00e9e de la pratique. L\u2019objectif de cette sous-discipline de la philosophie consiste \u00e0 chercher \u00e0 \u00e9tablir la v\u00e9rit\u00e9 \u00e0 partir du raisonnement logique du type de celui qu\u2019on utilise en math\u00e9matiques pour le dire sch\u00e9matiquement. On pourrait donner, \u00e0 titre d\u2019exemple, le syllogisme chez Aristote : si X = Y et que Y = W alors X = W.&nbsp; Ce qu\u2019il est important de retenir c\u2019est que la logique formelle est fond\u00e9e sur le <em>principe de non-contradiction<\/em>. Comme en math\u00e9matiques, un raisonnement est vrai ou faux, il n\u2019y a pas d\u2019autres alternatives.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-oj37j1431\">La logique dialectique est diff\u00e9rente : au lieu de consid\u00e9rer que les contraires s\u2019excluent mutuellement, elle montre leurs interrelations. Par exemple, si tout est faux, alors rien n\u2019est vrai et si tout est vrai alors rien n\u2019est faux. Cela montre que le vrai n\u2019existe pas sans le faux et le faux sans le vrai. Le principe du vrai inclut le principe du faux et le principe du faux inclut le principe du vrai. Chaque terme inclut donc sa propre n\u00e9gation. La logique dialectique nous montre comment les oppos\u00e9s forment \u00ab\u2009un tout\u2009\u00bb, un ensemble. Ils ont une base commune : la recherche du vrai qui met en relation d\u2019interd\u00e9pendance le vrai et le faux. C\u2019est ce que l\u2019on appelle <em>la r\u00e9ciprocit\u00e9 des oppos\u00e9s<\/em>. Dans le raisonnement dialectique, les oppos\u00e9s ne sont pas simplement en conflit, ils sont \u00e9galement interd\u00e9pendants et se conditionnent mutuellement. Ils ne peuvent pas \u00eatre compris de mani\u00e8re isol\u00e9e, mais seulement dans leur relation r\u00e9ciproque. C\u2019est la recherche de leur base commune qui constitue le troisi\u00e8me moment de la dialectique et permet de d\u00e9passer les contradictions. Pour Lefebvre, dans le prolongement de Marx, Engels ou L\u00e9nine et Politzer, la dialectique met l\u2019accent sur le caract\u00e8re dynamique et \u00e9volutif de la r\u00e9alit\u00e9. Elle consid\u00e8re que les ph\u00e9nom\u00e8nes ne sont pas statiques, mais qu\u2019ils sont en constante \u00e9volution, traversant des processus de d\u00e9veloppement, de transformation et de mouvement.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-k7tgw1435\">L\u2019objectif de la logique dialectique est de partir de la complexit\u00e9 du r\u00e9el et d\u2019identifier ses contradictions. Une contradiction comprend une affirmation X et sa n\u00e9gation Y, une th\u00e8se et son antith\u00e8se. Ensuite, il s\u2019agit de rechercher <em>la base commune<\/em>&nbsp;de la contradiction et de r\u00e9futer \u00e0 la fois X et Y pour cr\u00e9er une nouvelle strate de compr\u00e9hension qui n\u2019est pas fond\u00e9e sur une th\u00e8se ou une antith\u00e8se qui comprennent forc\u00e9ment leur propre n\u00e9gation et ne peuvent pas exister l\u2019une sans l\u2019autre. C\u2019est ce que l\u2019on appelle <em>la n\u00e9gation de la n\u00e9gation<\/em>. Le raisonnement logique formel est un raisonnement binaire du type vrai ou faux, mais le raisonnement dialectique repose sur une analyse des relations entre les oppos\u00e9s dont elle tente de suivre le mouvement. La logique formelle est tr\u00e8s utile dans certains domaines comme les maths et leur application technique dans l\u2019ing\u00e9nierie, l\u2019informatique, etc. Cependant, elle pose un probl\u00e8me quand on l\u2019applique \u00e0 la compr\u00e9hension de ph\u00e9nom\u00e8nes complexes et en mouvement, comme les soci\u00e9t\u00e9s, les rapports sociaux, les \u00eatres humains\u2026&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-f1amm1441\">Les ph\u00e9nom\u00e8nes sociaux sont, en effet, trop complexes et contradictoires pour \u00eatre saisi par la rationalit\u00e9 formelle. Si un individu cherche \u00e0 l\u2019appliquer \u00e0 la compr\u00e9hension de lui-m\u00eame, il va \u00eatre amen\u00e9 \u00e0 nier ou \u00e0 ne pas voir ses contradictions et \u00e0 se percevoir comme un \u00eatre incoh\u00e9rent, dans le faux, dans l\u2019erreur et donc l\u2019\u00e9chec. L\u2019individu se trouve dans l\u2019incapacit\u00e9 de rendre l\u2019image qu\u2019il a de lui-m\u00eame coh\u00e9rente. Mais aussi de rendre coh\u00e9rent le r\u00e9cit qu\u2019il se fait de lui-m\u00eame et donc son identit\u00e9. Cela cr\u00e9e une sorte de d\u00e9sorientation (quand il ne s\u2019agit pas d\u2019un schisme interne, voir exemple ci-dessous), o\u00f9 il ne sait plus si ces choix, ses d\u00e9sirs, ses actes sont vrais ou faux. Pour donner un exemple concret, je vais parler d\u2019une personne suivie au Centre. Cette personne vit une situation professionnelle difficile o\u00f9 elle subit des remarques li\u00e9es \u00e0 une suppos\u00e9e incomp\u00e9tence et o\u00f9 la hi\u00e9rarchie laisse faire. Cependant, il lui est impossible de quitter son emploi tant qu\u2019elle n\u2019a pas trouv\u00e9 une place ailleurs. Elle est partag\u00e9e entre l\u2019envie de claquer la porte, au risque de partir sans avoir d\u2019indemnit\u00e9s de ch\u00f4mage tout en perdant la face et la volont\u00e9 de s\u2019accrocher pour pouvoir partir en ayant une garantie d\u2019avoir un autre emploi. Elle est aussi partag\u00e9e, car elle doute d\u2019elle-m\u00eame et se demande s\u2019il est vrai qu\u2019elle est incomp\u00e9tente ou bien si on lui reproche ind\u00fbment cette incomp\u00e9tence. En s\u00e9ance, elle d\u00e9crit ce qu\u2019elle vit ainsi : \u00ab\u2009<em>j\u2019ai l\u2019impression qu\u2019une partie de mon cerveau lutte contre une autre partie de mon cerveau<\/em>\u2009\u00bb. Cette situation occupe tout son esprit et s\u2019accompagne de ruminations sans fin. Le contexte social (ici le monde du travail) place cette personne dans une position contradictoire qui est mentalement int\u00e9rioris\u00e9e sous la forme de pouss\u00e9es contraires qui engendrent une grande d\u00e9sorientation ou confusion.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-1k5sl1445\">Le mode de raisonnement fond\u00e9 sur la logique formelle s\u2019est r\u00e9pandu dans la soci\u00e9t\u00e9, nous dit Lefebvre, et il est susceptible de cr\u00e9er une grande violence, car il impose de choisir entre des propositions qui se contredisent mutuellement et menacent celles et ceux qui ne parviennent pas \u00e0 choisir ou qui ne veulent pas choisir d\u2019\u00eatre incoh\u00e9rents (c\u2019est-\u00e0-dire \u00ab\u2009fous\u2009\u00bb). Au contraire, si l\u2019on utilise la logique dialectique, on va comprendre que le monde dans lequel on \u00e9volue est fait de contradictions, de forces qui s\u2019opposent et de pouss\u00e9es contraires qui ne vont pas l\u2019une sans l\u2019autre. \u00c0 partir de l\u00e0, il s\u2019agit d\u2019identifier les forces oppos\u00e9es qui agissent sur nous afin d\u2019en prendre conscience et de pouvoir s\u2019en \u00e9manciper. \u00c0 d\u00e9faut, la logique formelle m\u00e8ne \u00e0 une vision rigide et univoque de la r\u00e9alit\u00e9 qui s\u2019accorde mal \u00e0 sa complexit\u00e9 infinie et termine, t\u00f4t ou tard, par cr\u00e9er une vision p\u00e9trifi\u00e9e de la r\u00e9alit\u00e9 pourtant forc\u00e9ment en mouvement constant.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-l465d1450\"><strong>2. Penser la psychopathologie avec la logique dialectique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-2cb2y1453\">On peut montrer cet effet de \u00ab&nbsp;p\u00e9trification&nbsp;\u00bb dans de nombreux domaines comme la psychopathologie par exemple. La psychopathologie repose sur l\u2019analyse d\u2019une s\u00e9rie de sympt\u00f4mes dont l\u2019association va permettre de d\u00e9terminer le type de pathologie dont la personne souffre. Si l\u2019on utilise par exemple le DSM ou la classification de l\u2019OMS, la classification CIM, l\u2019objectif est d\u2019identifier la structure type d\u2019une pathologie. Pour ce faire, il faut que la personne r\u00e9unisse des comportements caract\u00e9ristiques et des traits de caract\u00e8re dont l\u2019association va permettre d\u2019identifier la pathologie. \u00c0 partir de l\u00e0, on est ou l\u2019on n\u2019est pas schizophr\u00e8ne, bipolaire, borderline, etc. Le mode de raisonnement utilis\u00e9 ici est celui de la logique lin\u00e9aire de la m\u00e9decine classique (<em>cf.<\/em>&nbsp;Claude Bernard)&nbsp;: on identifie un faisceau de sympt\u00f4mes, on en conclut un lien de causalit\u00e9 avec l\u2019existence d\u2019une pathologie et, une fois la pathologie identifi\u00e9e, on en d\u00e9duit le traitement le plus appropri\u00e9. Concr\u00e8tement, on coche un certain nombre de cases qui nous permettent de d\u00e9terminer s\u2019il est vrai ou faux qu\u2019une personne souffre de telle ou telle pathologie. Or, si l\u2019on analyse la plupart des grandes cat\u00e9gories psychopathologiques en utilisant la logique dialectique, on se rend compte qu\u2019elles reposent sur des <em>pouss\u00e9es contraires<\/em>&nbsp;qui sont ni\u00e9es, inaper\u00e7ues et rigidifi\u00e9es ou p\u00e9trifi\u00e9es dans un type de structure sp\u00e9cifique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-uuy2a1459\">Par exemple, la bipolarit\u00e9 est caract\u00e9ris\u00e9e par une pouss\u00e9e vers la manie et une pouss\u00e9e contraire vers la d\u00e9pression. Le trouble borderline est caract\u00e9ris\u00e9 par une oscillation entre le sentiment de vide int\u00e9rieur et le trop-plein des sentiments ext\u00e9rioris\u00e9s (impulsivit\u00e9), par une oscillation entre le vide et le plein donc, entre la limite et l\u2019absence de limite. La schizophr\u00e9nie est, elle aussi, pens\u00e9e comme une dualit\u00e9 contradictoire que l\u2019\u00e9tymologie du mot elle-m\u00eame r\u00e9v\u00e8le&nbsp;: l\u2019individu est divis\u00e9 en deux. La schizophr\u00e9nie est d\u00e9crite comme une pouss\u00e9e vers soi et une pouss\u00e9e contraire vers un \u00ab\u2009autre soi\u2009\u00bb \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de soi. Les TOC, troubles obsessionnels compulsifs, sont con\u00e7us comme une alternance entre des pouss\u00e9es obsessionnelles et des \u00ab\u2009contre-pouss\u00e9es\u2009\u00bb&nbsp;compulsives. Les troubles dissociatifs se pr\u00e9sentent comme une tension entre une pouss\u00e9e vers l\u2019\u00eatre l\u00e0 (ici et maintenant) et une pouss\u00e9e vers l\u2019\u00eatre hors-l\u00e0, en dehors de lui-m\u00eame ou en dehors de la r\u00e9alit\u00e9 (que cela soit \u00e0 travers la d\u00e9personnalisation ou \u00e0 travers la d\u00e9r\u00e9alisation). Le syndrome post-traumatique est caract\u00e9ris\u00e9 par l\u2019alternance entre le refoulement, l\u2019oubli, la perte de m\u00e9moire et le retour du refoul\u00e9 \u00e0 travers la reviviscence de la sc\u00e8ne traumatique. Dans la cat\u00e9gorie large des troubles anxio-d\u00e9pressifs, on trouve \u00e9galement une pouss\u00e9e contraire entre des \u00e9tats r\u00e9assur\u00e9s, s\u00e9cures, renarcissis\u00e9s et des \u00e9tats phobiques, anxieux, auto-d\u00e9pr\u00e9ciatifs.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-07shd1461\">On peut donc observer que ce sont des pouss\u00e9es contraires et des contradictions qui sont caract\u00e9ristiques de la souffrance mentale. La psychopathologie tente de fixer des structures types de pathologies qui, \u00e0 son insu, nous montrent, \u00e0 l\u2019inverse, un mouvement entre des forces oppos\u00e9es. Les cat\u00e9gories de la psychiatrie (DSM, CIM) reposent toutes sur une tentative de mod\u00e9lisation de ce qui se pr\u00e9sente concr\u00e8tement comme des pouss\u00e9es contraires chez les personnes et non des structures immuables et d\u00e9sincarn\u00e9es. Ce que l\u2019on observe au quotidien avec les personnes que l\u2019on rencontre en th\u00e9rapie, c\u2019est que <em>les contradictions du monde social sont donc transf\u00e9r\u00e9es dans le mental des individus, dans les mots qu\u2019ils utilisent, dans les images qu\u2019ils se font d\u2019eux-m\u00eames et de leur corps<\/em>. L\u2019analyse de ces&nbsp;pouss\u00e9es contraires m\u00e8ne \u00e0 s\u2019int\u00e9resser \u00e0 la singularit\u00e9 de la personne, \u00e0 son histoire personnelle, \u00e0 l\u2019histoire sociale dans laquelle elle a v\u00e9cu et qui l\u2019a fa\u00e7onn\u00e9e, c\u2019est-\u00e0-dire aux forces oppos\u00e9es qui l\u2019ont constitu\u00e9e dans le temps, au cours de sa vie\u2026 Le raisonnement m\u00e9dical classique est binaire (0-1) et non dialectique&nbsp;: (1-2-3-4, etc.). D\u2019o\u00f9 le fait que la psychopathologie se contente sans probl\u00e8me de faire cocher des cases&nbsp;: on est malade ou sain, on est bipolaire ou borderline, d\u00e9pressif ou schizophr\u00e8ne, on est 0 ou 1. L\u2019application de la logique dialectique \u00e0 la compr\u00e9hension des grandes cat\u00e9gories de la psychopathologie permet de r\u00e9aliser ce qu\u2019elles ont <em>en commun<\/em>&nbsp;: ici, les pouss\u00e9es contraires qui d\u00e9chirent les personnes et cr\u00e9ent la souffrance\u2026&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-7j24z1467\">Pour autant, la logique dialectique ne doit pas \u00eatre confondue avec une simple pens\u00e9e des contraires&nbsp;: le haut et le bas, la droite et la gauche, la lumi\u00e8re et les t\u00e9n\u00e8bres, le vide ou le plein. La dialectique est un mode de raisonnement qui ne se substitue pas \u00e0 la logique formelle, mais cherche \u00e0 penser les relations entre les contraires, les actions r\u00e9ciproques des uns sur les autres. L\u2019objectif est de chercher \u00e0 montrer le m\u00e9canisme commun qui engendre les contradictions et les forces qui font osciller les individus d\u2019un contraire \u00e0 l\u2019autre. En prenant conscience de ce m\u00e9canisme, les personnes peuvent le voir agir sur elles et donc retrouver une prise, un moyen de reprendre le contr\u00f4le, une agentivit\u00e9, une marge de man\u0153uvre. Cette possibilit\u00e9 de comprendre la logique de ces forces, leur opposition et ce qu\u2019elles ont en commun donne la possibilit\u00e9 d\u2019agir sur ses forces qui agissaient jusque-l\u00e0 sur la personne \u00e0 son insu. Cela cr\u00e9e une nouvelle situation o\u00f9 la personne n\u2019est plus ballot\u00e9e d\u2019un contraire \u00e0 l\u2019autre, mais dispose d\u2019outils pour changer le cours du fleuve, pourrait-on dire. C\u2019est l\u00e0 l\u2019objectif premier de la logique dialectique et du mat\u00e9rialisme dialectique&nbsp;: chercher les moyens de d\u00e9passer les contraires.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-4ip2e1472\"><strong>3. Le mat\u00e9rialisme dialectique dans la pratique de l\u2019accompagnement&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-rwlf21475\">Une personne que je suis une fois par semaine au Centre Georges Politzer ( CPMS) est prise dans plusieurs contradictions. C\u2019est un jeune homme de 24 ans et, depuis la petite enfance, ses parents qui sont professeurs de math\u00e9matiques lui ont fait suivre un enseignement scientifique de mani\u00e8re intensive si bien que, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e2ge de 18 ans, il a \u00e9t\u00e9 \u00e9duqu\u00e9 dans un cadre tr\u00e8s strict comparable \u00e0 celui des sportifs de haut niveau. Il a, de fait, toujours \u00e9t\u00e9 un excellent \u00e9l\u00e8ve. \u00c0 18 ans, il a d\u00e9cid\u00e9 de suivre une autre voie que celle qui avait \u00e9t\u00e9 trac\u00e9e par ses parents et il s\u2019est mis \u00e0 faire des \u00e9tudes de Lettres, ce qui a beaucoup d\u00e9\u00e7u ses parents et ses anciens professeurs de sciences. Cette formation en facult\u00e9 de Lettres ne se passe pas tr\u00e8s bien. Il se trouve tr\u00e8s d\u00e9cal\u00e9 avec les autres \u00e9l\u00e8ves&nbsp;: sa vie monacale d\u2019\u00e9l\u00e8ve de haut niveau a fait qu\u2019il est tr\u00e8s peu sorti, il n\u2019a pas connu les soir\u00e9es \u00e9tudiantes, il n\u2019a pas eu de flirt, il ne connait pas la musique que les autres jeunes \u00e9coutent, son rapport au corps est marqu\u00e9 par une certaine timidit\u00e9, une inhibition. Il se demande souvent s\u2019il n\u2019a pas fait un mauvais choix avec les lettres et s\u2019il n\u2019aurait pas d\u00fb continuer les sciences.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-9zrlp1477\">&nbsp;Il est donc pris entre des pouss\u00e9es contraires&nbsp;: continuer \u00e0 assumer son choix personnel ou rependre ses \u00e9tudes en sciences, comme ses parents et anciens professeurs le souhaiteraient. Mais comme cette perspective lui a \u00e9t\u00e9 impos\u00e9e depuis la petite enfance, il ne sait pas ce qu\u2019il aurait choisi s\u2019il avait eu initialement le choix. Il ne sait pas non plus qui il aurait \u00e9t\u00e9 s\u2019il avait eu le choix d\u00e8s le d\u00e9part. Il utilise d\u2019ailleurs une expression parlante pour exprimer ce dilemme&nbsp;: \u00ab\u2009<em>sans les maths, je ne sais plus qui je suis<\/em>\u2009\u00bb. Donc sans les maths, il ne sait plus qui il est et avec les maths il ne sait pas non plus qui il aurait \u00e9t\u00e9 sans ce choix fait \u00e0 sa place par ses parents. Il est perdu et \u00e9prouve une grande souffrance. On voit ici les ravages que la logique formelle produit sur sa perception de lui-m\u00eame&nbsp;: ou bien il est dans le vrai, ou bien il est dans le faux, il n\u2019y a pas d\u2019autres alternatives et il passe par des moments o\u00f9 il pense ne pas se tromper et des moments o\u00f9 il pense faire fausse route. Il cherche \u00e0 rendre son parcours coh\u00e9rent, d\u2019autant plus qu\u2019il est tr\u00e8s c\u00e9r\u00e9bral, et se perd en rationalisations qui ne d\u00e9bouchent pas sur une solution et le rendent encore plus confus et embrouill\u00e9. On voit \u00e9galement que cette contradiction g\u00e9n\u00e8re chez lui des pouss\u00e9es contraires entre des alternatives qui paraissent oppos\u00e9es&nbsp;: ou bien suivre un parcours d\u2019excellence en sciences (agr\u00e9gation, doctorat, etc.) ou bien continuer en Lettres (sachant qu\u2019il souhaite \u00e9crire et donc cr\u00e9er).<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-qqo4y1481\">Il y a donc chez lui deux th\u00e8ses qui s\u2019affrontent, deux versions de lui-m\u00eame et de son futur qui s\u2019opposent. Ce qu\u2019il y a de commun entre ces contradictions professionnelles, c\u2019est qu\u2019elles sont situ\u00e9es dans le domaine du savoir&nbsp;: les sciences et les Lettres sont deux formes de savoirs. Le travail consiste donc \u00e0 lui donner des outils pour lui faire prendre conscience que la question n\u2019est pas d\u2019\u00eatre dans le vrai ou le faux. La vie est faite de contradiction. La pression sociale, familiale ou soci\u00e9tale, nous met dans des contradictions qui sont inh\u00e9rentes \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle on vit. Le fait d\u2019avoir v\u00e9cu une enfance et une adolescence tr\u00e8s cadr\u00e9e et encadr\u00e9e, avec une discipline de vie tr\u00e8s exigeante, fait que son entr\u00e9e dans le cadre de la vie adulte g\u00e9n\u00e8re chez lui une volont\u00e9 de s\u2019opposer \u00e0 tout. Il est \u00e0 la fois r\u00e9volt\u00e9 et docile, partag\u00e9 entre la personne qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 ses 18 ans et la personne qu\u2019il tente de devenir aujourd\u2019hui, avec une personnalit\u00e9 forte faisant ses propres choix et les imposant aux autres. Pour le moment, c\u2019est la deuxi\u00e8me option qui l\u2019emporte et il tente de se professionnaliser dans les Lettres et d\u2019assumer une forte personnalit\u00e9. Mais il vit cette perspective avec difficult\u00e9, car il doit cr\u00e9er et inventer cette nouvelle personnalit\u00e9 tout en refaisant son \u00e9ducation en quelque sorte.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-qo0mp1483\">L\u2019objectif de la th\u00e9rapie est de le pousser vers l\u2019\u00e9mancipation et vers cette transformation en le confortant dans ces choix. On peut d\u2019ailleurs observer que, lorsqu\u2019il s\u2019affirme et d\u00e9passe les contradictions qui font obstacle \u00e0 son \u00e9mancipation, il est pouss\u00e9 par une grande \u00e9nergie, ce qui lui donne plus de joie de vivre, plus d\u2019\u00e9lan vital. Cependant, pour d\u00e9passer la contradiction, il doit accomplir une rupture avec le<em>&nbsp;<\/em>principe de non-contradiction (avoir raison ou se tromper). Ce qui implique de refonder une nouvelle compr\u00e9hension de lui-m\u00eame o\u00f9 il ne s\u2019agit plus d\u2019\u00eatre dans l\u2019alternative de se conformer ou de s\u2019opposer \u00e0 ses parents. En effet, l\u2019option conformiste comprend sa propre n\u00e9gation (l\u2019opposition) et l\u2019option de l\u2019opposition comprend, elle aussi, sa propre n\u00e9gation, soit le fait de toujours agir, m\u00eame si c\u2019est pour s\u2019y opposer, en fonction des attentes de son milieu familial. Concr\u00e8tement, il doit donc trouver une nouvelle forme de \u00ab\u2009propri\u00e9t\u00e9 de lui-m\u00eame\u2009\u00bb dans laquelle il ne serait plus la propri\u00e9t\u00e9 de ses parents (et plus largement des autres) que cela soit pour s\u2019y conformer ou s\u2019y opposer, mais vivre pour lui-m\u00eame en \u00e9tant la propre source de sa cr\u00e9ation et sa propre autorit\u00e9. C\u2019est un passage difficile qui n\u00e9cessite d\u2019\u00eatre accompagn\u00e9. L\u2019objectif de cet accompagnement est de favoriser une prise de conscience des forces qui agissent sur lui \u00e0 son insu afin qu\u2019il puisse d\u00e9velopper son agentivit\u00e9 et retrouver une marge de man\u0153uvre. Dans son cas, la <em>n\u00e9gation de la n\u00e9gation<\/em>&nbsp;constitue le fait de prendre conscience qu\u2019en s\u2019opposant \u00e0 la pression familiale, il devient en effet une antith\u00e8se du projet parental, mais continue \u00e0 laisser agir indirectement ses parents dans ses choix ce qui d\u2019ailleurs le r\u00e9volte, car m\u00eame dans cette opposition il ne se sent pas libre. Ce qui implique de sortir de <em>la r\u00e9ciprocit\u00e9 des oppos\u00e9s<\/em>&nbsp;pour trouver une nouvelle \u00ab&nbsp;forme&nbsp;\u00bb, une nouvelle articulation des mots et des images qui le d\u00e9finissent et une nouvelle conception de son corps fond\u00e9e sur la libert\u00e9 d\u2019\u00eatre soi-m\u00eame selon sa propre r\u00e8gle, ses propres normes, ses propres go\u00fbts et d\u00e9sirs.&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-iezam1492\"><strong>Conclusion<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-bgq521495\">Chez Lefebvre, le mouvement dialectique &#8211; affirmation\/n\u00e9gation puis&nbsp;n\u00e9gation de la n\u00e9gation &#8211; est vu de mani\u00e8re concr\u00e8te, au plus pr\u00e8s du r\u00e9el : les contradictions sociales g\u00e9n\u00e8rent un conflit, elles font obstacle et c\u2019est en franchissant ce qui fait obstacle qu\u2019une nouvelle situation, une transformation, une m\u00e9tamorphose sont engendr\u00e9es. On pourrait d\u00e9finir la dialectique chez Lefebvre comme une dialectique du devenir et de l\u2019\u00e9mancipation. Le temps, la temporalit\u00e9 joue un r\u00f4le central. Comme chez Politzer, la dialectique n\u2019est pas un travail de d\u00e9finition (taxinomies, nosographies), mais d\u2019analyse du devenir dans le temps. Pour illustrer cette diff\u00e9rence, on pourrait reprendre un exemple donn\u00e9 par Politzer. Si l\u2019on utilise la logique formelle, par exemple, pour d\u00e9finir ce qu\u2019est une pomme : on consid\u00e8re sa couleur, sa forme, sa taille, son poids, on fait la diff\u00e9rence, mettons, avec une poire, puis on classe ce fruit dans un tableau des diff\u00e9rentes esp\u00e8ces de fruits, etc. L\u2019approche dialectique est tr\u00e8s diff\u00e9rente : on va consid\u00e9rer que la pomme que l\u2019on observe se trouve dans un certain \u00ab&nbsp;\u00e9tat&nbsp;\u00bb, dans une de ses \u00ab&nbsp;formes&nbsp;\u00bb, mais, avec le temps, elle va pourrir puis se d\u00e9composer et changer de \u00ab&nbsp;forme&nbsp;\u00bb. Sch\u00e9matiquement, les graines qu\u2019elle contient vont se diss\u00e9miner dans le sol et faire pousser de nouveaux pommiers. Ensuite, des fleurs apparaitront dans les branches du pommier puis ces fleurs se transformeront en pommes qui, \u00e0 leur tour, tomberont de l\u2019arbre. Par cons\u00e9quent, la pomme \u00e0 plusieurs \u00ab&nbsp;formes&nbsp;\u00bb qui d\u00e9pendent de son cycle de vie : la graine, l\u2019arbre, la fleur, le fruit, etc. Les forces qui s\u2019opposent ici sont celles du cycle de la vie et de la mort : la fleur est la naissance, la pomme est l\u2019\u00e2ge adulte (on dit d\u2019ailleurs qu\u2019elle est mure) puis, sous l\u2019action du temps, elle d\u00e9p\u00e9rit, se d\u00e9sint\u00e8gre pour devenir \u00e0 son tour non plus le produit du pommier, mais son origine.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-pl8rw1497\">Lorsque nous rencontrons des personnes \u00e0 l\u2019APPS, nous les rencontrons dans un certain \u00ab&nbsp;\u00e9tat&nbsp;\u00bb, une certaine \u00ab&nbsp;forme&nbsp;\u00bb qui est faite de pouss\u00e9es contraires. Ces contradictions engendrent une souffrance et nous tentons d\u2019accompagner la personne vers un d\u00e9passement de ces pouss\u00e9es contraires et sa r\u00e9alisation dans une nouvelle forme d\u2019elle-m\u00eame, une m\u00e9tamorphose, une \u00e9mancipation. La dialectique nous permet de saisir les pouss\u00e9es contraires qui d\u00e9chirent les individus. Quand on parle de <em>transfert du social dans le mental<\/em>, cela nous permet de comprendre que ces pouss\u00e9es contraires sont engendr\u00e9es par le contexte social dans lequel la personne \u00e9volue. Elle int\u00e9riorise les contradictions du monde social et les fait siennes. Elle les individualise et les voit comme ses propres contradictions. Sous l\u2019effet de la pression sociale, de la pression familiale, des normes dominantes, la personne est prise dans ces injonctions sociales et ne sait plus comment avancer, elle est plac\u00e9e dans une impasse, dans le flou. D\u2019autant plus que la logique lin\u00e9aire cr\u00e9e une oscillation entre les moments o\u00f9 la personne pense avoir raison et s\u2019affirme et les moments o\u00f9 elle pense avoir tort et se nie elle-m\u00eame. La relation entre\u2009la \u00ab&nbsp;personne accompagnante&nbsp;\u00bb\u2009et\u2009la \u00ab&nbsp;personne accueillie&nbsp;\u00bb&nbsp;permet de transmettre un savoir \u00e9mancipateur. La perspective d\u2019avoir acc\u00e8s \u00e0 ce savoir et d\u2019exercer une critique sociale est donc cruciale, car elle permet de prendre conscience des forces qui agissent sur nous et, ce faisant, d\u2019avoir une prise sur eux, de d\u00e9velopper une marge de man\u0153uvre, une agentivit\u00e9. C\u2019est valable pour la \u00ab\u2009personne accompagn\u00e9e\u2009\u00bb, mais aussi pour la \u00ab\u2009personne accompagnante\u2009\u00bb, car la singularit\u00e9 de chaque individu nous permet de r\u00e9aliser sous des angles diff\u00e9rents nos propres pens\u00e9es et contradictions et de revisiter dialectiquement nos croyances et notre pratique. La relation d\u2019accompagnement est aussi une relation \u00ab&nbsp;dialectique&nbsp;\u00bb entre la \u00ab&nbsp;personne accompagnante&nbsp;\u00bb et la \u00ab&nbsp;personne accompagn\u00e9e&nbsp;\u00bb, relation au sein de laquelle s\u2019op\u00e8re \u00e9galement un transfert social bidirectionnel de valeurs, de savoirs, d\u2019exp\u00e9riences, d\u2019\u00e9motions\u2026<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-90m621502\"><strong>Thomas Beaubreuil<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comprendre et analyser l\u2019origine de la souffrance des personnes que nous recevons en s\u00e9ance implique d\u2019avoir recours \u00e0 un autre r\u00e9gime de rationalit\u00e9 que la logique formelle habituellement utilis\u00e9e dans les \u00ab\u2009sciences psy\u2009\u00bb et inspir\u00e9e du mod\u00e8le bernardien et popp\u00e9rien. Cette logique \u00ab&nbsp;classique&nbsp;\u00bb est lin\u00e9aire et&nbsp;repose sur le principe de non-contradiction&nbsp;: on ne peut \u00eatre [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-150","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/asso-apps.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/150","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/asso-apps.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/asso-apps.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asso-apps.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asso-apps.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=150"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/asso-apps.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/150\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":152,"href":"https:\/\/asso-apps.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/150\/revisions\/152"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/asso-apps.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=150"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/asso-apps.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=150"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/asso-apps.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=150"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}