{"id":197,"date":"2026-03-08T14:19:40","date_gmt":"2026-03-08T14:19:40","guid":{"rendered":"https:\/\/asso-apps.org\/?p=197"},"modified":"2026-03-08T14:19:41","modified_gmt":"2026-03-08T14:19:41","slug":"van-gogh-le-suicide-de-la-societe-antonin-artaud","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asso-apps.org\/index.php\/2026\/03\/08\/van-gogh-le-suicide-de-la-societe-antonin-artaud\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Van Gogh le suicid\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb, Antonin Artaud"},"content":{"rendered":"\n<p id=\"viewer-lnc9r490\">L\u2019auteur de ce texte, Antonin Artaud \u00e9tait un th\u00e9oricien du th\u00e9\u00e2tre, acteur, \u00e9crivain, essayiste, dessinateur et po\u00e8te fran\u00e7ais. Il est aussi inventeur du concept \u00ab&nbsp;th\u00e9\u00e2tre de la cruaut\u00e9&nbsp;\u00bb sur lequel il parle dans son ouvre \u00ab&nbsp;Le th\u00e9\u00e2tre et son double&nbsp;\u00bb. Derri\u00e8re \u00ab&nbsp;cruaut\u00e9&nbsp;\u00bb il faut entendre \u00ab&nbsp;souffrance d&rsquo;exister&nbsp;\u00bb et non une cruaut\u00e9 envers autrui. Pour Artaud, l&rsquo;acteur doit br\u00fbler sur les planches comme un supplici\u00e9 sur son b\u00fbcher. Il pense que le&nbsp;th\u00e9\u00e2tre&nbsp;doit retrouver sa dimension sacr\u00e9e, m\u00e9taphysique et porter le spectateur jusqu&rsquo;\u00e0 la transe.&nbsp;Ainsi, Artaud a tent\u00e9 de transformer radicalement la litt\u00e9rature et surtout le th\u00e9\u00e2tre.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-j9egq723\">On peut dire que \u00ab&nbsp;Van Gogh le suicid\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9&nbsp;\u00bb est aussi une sorte d\u2019autoportrait, car Artaud lui-m\u00eame \u00e9tait en souffrance physique (on lui avait diagnostiqu\u00e9 une syphilis h\u00e9r\u00e9ditaire) ainsi qu\u2019en souffrance psychique depuis son jeune \u00e2ge. Il a pass\u00e9 9 ans de sa vie dans les asiles psychiatriques. Dans cet ouvrage quand il parle de Van Gogh, il parle aussi de lui et quand il parle du psychiatre de Van Gogh, le Docteur Gachet, il parle aussi de son propre psychiatre qui, selon lui, voulait redresser sa po\u00e9sie.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-3p5zh728\"><strong>Le contexte de l\u2019\u00e9criture de l\u2019essai<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-e7poy731\">\u00c0 la fin de l&rsquo;ann\u00e9e 1946, Pierre Loeb (1897-1964), fondateur de la galerie Pierre \u00e0 Paris, a sugg\u00e9r\u00e9 \u00e0 Artaud d&rsquo;\u00e9crire sur Van Gogh, en pensant qu&rsquo;Artaud, qui avait pass\u00e9 9 ans dans un h\u00f4pital psychiatrique, \u00e9tait bien plac\u00e9 pour \u00e9crire sur un peintre consid\u00e9r\u00e9 comme fou.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-fy8hl734\">Cependant, Artaud, qui \u00e9tait en train de publier ses propres \u0153uvres, n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s enthousiaste \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e du projet, mais les choses ont chang\u00e9 lorsque des extraits du livre du psychiatre Fran\u00e7ois-Joachim Beer, intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Du d\u00e9mon de Van Gogh\u00a0\u00bb, ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s lors de l&rsquo;ouverture d&rsquo;une exposition Vincent Van Gogh au Mus\u00e9e de l&rsquo;Orangerie \u00e0 Paris \u00e0 la fin de janvier 1947. Artaud s&rsquo;est vivement oppos\u00e9 \u00e0 la description clinique de la folie du peintre faite par Beer. Au contraire, il a accus\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 enti\u00e8re d&rsquo;avoir pouss\u00e9 Van Gogh au suicide que ce soit par indiff\u00e9rence ou pour l&#8217;emp\u00eacher de r\u00e9v\u00e9ler des v\u00e9rit\u00e9s insupportables.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-psp51739\"><strong>Un fou Van Gogh&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-s6jg2742\">Tout d\u2019abord, dans cet essai Antonin Artaud explique que Van Gogh n&rsquo;\u00e9tait pas fou.&nbsp;Le&nbsp;texte commence par la comparaison de ses actes tels que couper son oreille,&nbsp; avec les gens dits normaux qui mangent l\u2019immangeable :&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-stxqm749\"><em>\u00ab&nbsp;On peut parler de la bonne sant\u00e9 mentale de Van Gogh qui, dans toute sa vie ne s\u2019est fait cuire qu\u2019une main et n\u2019a pas fait plus, pour le reste, que de se trancher une fois l\u2019oreille gauche, dans un monde o\u00f9 l\u2019on mange chaque jour du vagin cuit \u00e0 la sauce verte ou du sexe de nouveau-n\u00e9 mis en rage, tel que cueilli \u00e0 sa sortie du sexe maternel, et ceci n\u2019est pas une image mais un fait abondamment r\u00e9p\u00e9t\u00e9 et cultiv\u00e9 \u00e0 travers toute la terre, et c\u2019est ainsi que si d\u00e9lirantes que puissent para\u00eetre ces affirmations, que la vie pr\u00e9sente, se maintient dans sa vieille atmosph\u00e8re de stupre, de d\u00e9sordre, de d\u00e9lire, de d\u00e9r\u00e8glement, de folie chronique, d\u2019inertie bourgeoise, d\u2019anomalie psychique (car ce n\u2019est pas l\u2019homme, mais le monde qui est devenu anormal)&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-i5hfo758\">Il y a donc d\u00e8s le d\u00e9but de cet essai les questions qui \u00e9mergent. Comment trancher entre ce qui est normal et ce qui ne l\u2019est pas dans ce monde qui lui est devenu fou&nbsp;? En quoi une personne est plus folle qu&rsquo;une autre, en quoi une personne g\u00eane la soci\u00e9t\u00e9 plus qu&rsquo;une autre ?&nbsp;Et enfin, qu\u2019est-ce qu\u2019est d\u2019\u00eatre fou dans une soci\u00e9t\u00e9 folle&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-hbrkk763\"><strong>Pour Artaud, Van Gogh n\u2019\u00e9tait pas fou, bien au contraire, il souligne sa \u00ab&nbsp;terrible sensibilit\u00e9&nbsp;\u00bb, lucidit\u00e9 et son g\u00e9nie. &nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-6mvu8766\"><em>\u00ab\u00a0Un fou Van Gogh?, &#8211; demande-t-il en faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019auto portrait de Van Gogh \u00ab&nbsp;Que celui qui a su un jour regarder une face humaine regarde le portrait de Van Gogh par lui-m\u00eame [&#8230;].Peinte par Van Gogh extra-lucide, cette figure de boucher roux, qui nous inspecte et nous \u00e9pie, qui nous scrute d&rsquo;un \u0153il torve aussi.&nbsp;Je ne connais pas un seul psychiatre qui saurait scruter un visage d&rsquo;homme avec une force aussi \u00e9crasante et en diss\u00e9quer comme au tranchoir l&rsquo;irr\u00e9fragable psychologie&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-5xdqo772\">&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-lddqh776\">L&rsquo;auteur met en contraste l&rsquo;\u0153uvre de Van Gogh avec le travail des psychiatres, soulignant que m\u00eame les professionnels de la psychologie ne peuvent pas analyser un visage humain avec la m\u00eame intensit\u00e9 que Van Gogh a r\u00e9ussi \u00e0 capturer dans son portrait. Il avance l&rsquo;id\u00e9e que le regard puissant de Van Gogh a r\u00e9ussi \u00e0 saisir une profondeur psychologique d\u00e9passant celle des psychiatres.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-la89j795\">Artaud s&rsquo;int\u00e9resse \u00e0 Van Gogh en tant qu&rsquo;artiste avant tout, le consid\u00e9rant non seulement comme un peintre, mais \u00e9galement comme un \u00e9crivain (il mentionne les lettres et les virgules dans ses tableaux), et comme un musicien m\u00eame s\u2019il a con\u00e7u ses \u0153uvres principalement en tant que peintre. On peut noter le sens du rythme pr\u00e9sent dans les \u0153uvres de Van Gogh, ainsi que le mouvement qu&rsquo;Artaud d\u00e9crit comme une \u00ab&nbsp;convulsion&nbsp;\u00bb, un mouvement d\u00e9sordonn\u00e9. Ainsi, Van Gogh cr\u00e9e du d\u00e9sordre dans l\u2019ordre, o\u00f9 le rythme et la convulsion coexistent.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-h2yxl11721\"><strong>Gyte SKIRKAITE<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019auteur de ce texte, Antonin Artaud \u00e9tait un th\u00e9oricien du th\u00e9\u00e2tre, acteur, \u00e9crivain, essayiste, dessinateur et po\u00e8te fran\u00e7ais. Il est aussi inventeur du concept \u00ab&nbsp;th\u00e9\u00e2tre de la cruaut\u00e9&nbsp;\u00bb sur lequel il parle dans son ouvre \u00ab&nbsp;Le th\u00e9\u00e2tre et son double&nbsp;\u00bb. Derri\u00e8re \u00ab&nbsp;cruaut\u00e9&nbsp;\u00bb il faut entendre \u00ab&nbsp;souffrance d&rsquo;exister&nbsp;\u00bb et non une cruaut\u00e9 envers autrui. 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