{"id":295,"date":"2026-03-08T15:21:09","date_gmt":"2026-03-08T15:21:09","guid":{"rendered":"https:\/\/asso-apps.org\/?p=295"},"modified":"2026-03-08T15:21:09","modified_gmt":"2026-03-08T15:21:09","slug":"4-48-psychose-de-sarah-kane","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asso-apps.org\/index.php\/2026\/03\/08\/4-48-psychose-de-sarah-kane\/","title":{"rendered":"4.48 Psychose, de Sarah Kane"},"content":{"rendered":"\n<p id=\"viewer-7blri\"><em>\u00c0 4 h 48<\/em> <em>quand le d\u00e9sespoir fera sa visite<\/em> <em>je me pendrai<\/em> <em>au son du souffle de mon amour<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-tr4i\">Durant l&rsquo;hiver 1999, quelques mois apr\u00e8s le succ\u00e8s rencontr\u00e9 par sa quatri\u00e8me pi\u00e8ce qui s\u2019intitule <em>Manque<\/em>, et alors qu&rsquo;elle vient d&rsquo;achever son manuscrit suivant, <em>4.48 Psychose<\/em>, Sarah Kane, vingt-huit ans, dramaturge anglaise, avale cinquante somnif\u00e8res et cent cinquante antid\u00e9presseurs. Sa colocataire la d\u00e9couvre inconsciente, gisant dans leur appartement du quartier londonien de Brixton. Elle est transf\u00e9r\u00e9e \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital de King&rsquo;s College o\u00f9, peu de temps apr\u00e8s, dans la nuit du 20 f\u00e9vrier, elle se glisse dans les toilettes et se pend avec ses lacets. Elle demeurera l\u2019une des figures les plus marquantes de la sc\u00e8ne th\u00e9\u00e2trale des ann\u00e9es quatre-vingt-dix, au Royaume-Uni et au-del\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-e3kug\">Sarah Kane, s\u2019est suicid\u00e9e le 20 f\u00e9vrier 1999, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 28 ans, en nous laissant cinq pi\u00e8ces. Les trois premi\u00e8res \u2013 <em>An\u00e9antis<\/em>, <em>Purifi\u00e9s <\/em>et <em>L\u2019amour de Ph\u00e8dre <\/em>\u2013 ont scandalis\u00e9 par leur violence et leur crudit\u00e9\u0301. Dans ses deux derni\u00e8res pi\u00e8ces, elle abordait d\u00e9j\u00e0 la question du suicide et \u00e0-propos de <em>Manque <\/em>qui date de 1998, elle \u00e9crivait d\u2019ailleurs : <em>\u00ab Pour moi, cette pi\u00e8ce parle du d\u00e9sespoir et du suicide\u00bb<\/em>. Dans <em>4.48 Psychose<\/em>, \u0153uvre posthume, elle met en sc\u00e8ne une jeune femme \u00ab psychotique \u00bb qui, dans un monologue po\u00e9tique entrecoup\u00e9 de moments de dialogue avec une figure anonyme de psychiatre, projette de se suicider quand viendra le moment, \u00e0 4 h 48.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-9e6s0\">&#8212;&#8212;&#8211;<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-cqqqr\">La pi\u00e8ce parle de ce qu\u2019on d\u00e9signe commun\u00e9ment en clinique une d\u00e9pression psychotique. Et de ce qui arrive \u00e0 l\u2019esprit d\u2019une personne quand disparaissent compl\u00e8tement les barri\u00e8res distinguant la r\u00e9alit\u00e9 des diverses formes de l\u2019imagination, de projection, d\u2019interpr\u00e9tation. Si bien qu\u2019il n\u2019y a plus de diff\u00e9rence entre la vie \u00e9veill\u00e9e et la vie r\u00eav\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-2et0n\">Ce qui est pr\u00e9sent\u00e9 et ce qui est tr\u00e8s int\u00e9ressant dans la psychose c\u2019est que l\u2019on ne sait plus o\u00f9 sont nos limites, comment elles se mat\u00e9rialisent, l\u00e0 o\u00f9 elles s\u2019arr\u00eatent et o\u00f9 commence le monde, les mondes. Les fronti\u00e8res n\u2019ont plus de limites et sont mat\u00e9rialis\u00e9es par un continuum, des va-et-vient vers l\u2019int\u00e9rieur et l\u2019ext\u00e9rieur.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-u2bp\">C\u2019est la constatation que les fronti\u00e8res commencent \u00e0 s\u2019effondrer, \u00e0 se disloquer. Quelles sont ces fronti\u00e8res ? Fronti\u00e8res entre soi et l\u2019autre, fronti\u00e8res entre le fond et la forme, fronti\u00e8res entre le corps et l\u2019esprit. Ce que Sarah Kane nous explique, nous conte, c\u2019est l\u2019effondrement de ces dites fronti\u00e8res \u2013 pour faire en sorte que le contenu et le contenant ne forment qu\u2019un, que nous puissions prendre du recul, prendre de la hauteur, s\u2019\u00e9lever et voir du dessus de la fronti\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-8iu61\"><em>4.48 Psychose<\/em> est donc la derni\u00e8re parole de Sarah Kane. C&rsquo;est son avis de suicide. Elle nous donne un \u00e9clairage entre r\u00e9alit\u00e9 int\u00e9rieure et ext\u00e9rieure, elle nous attire dans un cauchemar tr\u00e8s stylis\u00e9, fragmentaire et musical. Une crise musicale. On p\u00e9n\u00e8tre la partie la plus profonde et la plus obscure du c\u0153ur et de l&rsquo;\u00e2me, comme un couteau. Elle joue des mots, de la forme, de l\u2019espace, du rythme. Sarah Kane disait d\u2019ailleurs de la forme qu&rsquo;elle \u00e9tait le sens et voulait que le po\u00e8me devienne un acte th\u00e9\u00e2tral. Ce texte dit \u00e0 quel point vivre peut devenir une v\u00e9ritable souffrance, une lutte de tous les instants. 4.48 est donc l&rsquo;heure fatidique o\u00f9 la maladie de la mort prend le dessus sur le d\u00e9sir de la vie.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-dat5e\">&#8212;&#8212;&#8211;<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-eqtd3\">La composition dramatique a \u00e9t\u00e9 pour elle la derni\u00e8re \u00e9tape d\u2019une exploration de l\u2019art th\u00e9\u00e2tral sous toutes ses formes : d\u2019abord com\u00e9dienne, elle a ensuite fait du th\u00e9\u00e2tre un objet d\u2019\u00e9tude universitaire avant de s\u2019essayer \u00e0 la mise en sc\u00e8ne. Aboutissement d\u2019un parcours qui a toujours m\u00eal\u00e9 exp\u00e9riences de la vie avec celles de la sc\u00e8ne, la cr\u00e9ation d\u2019une \u0153uvre th\u00e9\u00e2trale semblait s\u2019imposer \u00e0 elle comme la forme la plus pertinente de ce rapport au th\u00e9\u00e2tre. Ne pas se contenter de s\u2019exposer \u00e0 travers les mots d\u2019un autre, de donner \u00e0 voir le monde d\u2019un autre, mais explorer le monde \u00e0 travers le prisme de sa propre fiction, donner forme \u00e0 ce qui n\u2019en a pas et exposer, communiquer cet ensemble de sons, de rythmes, d\u2019images, \u00e0 <em>d\u2019autres assembl\u00e9s<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-38d7g\">Ce qui fait le th\u00e9\u00e2tre pour Sarah Kane, ce ne sont pas les situations ou les caract\u00e8res, mais ce sont les mots. Et nous pouvons d\u00e9couvrir d\u2019ailleurs dans l\u2019\u00e9volution de son \u0153uvre une forme de radicalisation de l\u2019\u00e9criture dramatique qui se d\u00e9pouille toujours d\u2019avantage de tout ce qui fait spectacle, de tout ce qui se donne \u00e0 voir plus qu\u2019\u00e0 entendre. Son \u00e9criture tend \u00e0 la suppression de toute th\u00e9\u00e2tralit\u00e9, pour se limiter \u00e0 la musicalit\u00e9 pure de la langue, au plus proche de l\u2019exp\u00e9rience. Nous sommes dans son exp\u00e9rience.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-aailg\">L\u2019effacement des fronti\u00e8res des existences : entre vie et mort<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-evs0a\">Dans les fictions mises en place par la dramaturge, la vie et la mort cohabitent tout en restant contradictoires. Elle r\u00e9alise dans son \u00e9criture la fiction d\u2019une copr\u00e9sence des contraires. L\u2019impensable d\u2019une vie qui serait en m\u00eame temps mort est figur\u00e9e par l\u2019\u00e9criture. <em>\u00ab Il y a longtemps que je suis morte \/ Retour \u00e0 mes racines \/ Je chante sans espoir sur la fronti\u00e8re<\/em> \u00bb, dit-elle dans <em>4.48 Psychose<\/em>. Ses personnages \u00e9voluent d\u2019ailleurs dans un lieu bancal, <em>\u00ab sur la fronti\u00e8re \u00bb<\/em> c\u2019est-\u00e0-dire en ce point-limite o\u00f9 il n\u2019y a pas de distinction, o\u00f9 vie et mort peuvent \u00eatre r\u00e9unies dans le m\u00eame corps. Entre le monde d\u2019avant et le monde d\u2019apr\u00e8s, ce qui parait insaisissable au premier abord mais qui constitue l\u2019essence m\u00eame de l\u2019exp\u00e9rience, particuli\u00e8rement celle de la souffrance du social exprim\u00e9e dans le mental. D\u2019ailleurs, dans ses pi\u00e8ces, nous pouvons \u00eatre d\u00e9j\u00e0 morts tout en \u00e9tant encore vivants.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-ec4hq\"><em>\u00ab Une conscience consolid\u00e9e r\u00e9side dans une salle de banquet assombrie pr\u00e8s du plafond d\u2019un esprit dont le parquet bouge comme dix mille cafards quand entre un rai de lumi\u00e8re comme toutes les pens\u00e9es en un moment d\u2019entente s\u2019unissent au corps sans plus de r\u00e9pulsion comme les cafards portent une v\u00e9rit\u00e9 que personne jamais ne prof\u00e8re. \u00bb<\/em> Par cette image, le personnage dit sa v\u00e9rit\u00e9 <em>\u00ab que personne jamais ne prof\u00e8re \u00bb.<\/em> C\u2019est une conscience enferm\u00e9e dans une salle sombre et grouillante, s\u00e9par\u00e9e du monde ext\u00e9rieur, sans que personne ne trouve l\u2019acc\u00e8s \u00e0 sa v\u00e9rit\u00e9. <em>\u00ab Votre v\u00e9rit\u00e9, vos mensonges, pas les miens \u00bb,<\/em> proclame-t-elle un peu plus loin. Seule la figuration po\u00e9tique peut dire cette v\u00e9rit\u00e9 incompr\u00e9hensible par les autres parce qu\u2019impensable, incommunicable parce qu\u2019impossible \u00e0 formuler dans le langage commun, celle d\u2019une vie qui se sait d\u00e9j\u00e0 morte. Les seuls qui soient \u00e0 m\u00eame de recevoir ce qu\u2019elle \u00e9crit, les <em>\u00ab happy few \u00bb <\/em>et qu\u2019elle d\u00e9finit comme son horizon d\u2019attente, sont ces lecteurs\/spectateurs impossibles qui, comme elle, vivent dans la mort : <em>\u00ab J\u2019\u00e9cris pour les morts, pour ceux qui ne sont pas n\u00e9s \u00bb<\/em>. Elle invite les spectateurs de sa pi\u00e8ce \u00e0 se transformer en morts vivants, \u00e0 devenir cette communaut\u00e9 dans laquelle elle pourrait \u00eatre reconnue et \u00e0 l\u2019inciter \u00e0 se positionner \u00e9galement au-dessus de la fronti\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-5i9rl\">La collusion de la vie et de la mort a cette cons\u00e9quence tragique que la v\u00e9rit\u00e9 de la vie se situe dans la mort. Vivre, c\u2019est mourir, et mourir, c\u2019est vivre. Si pour \u00eatre aim\u00e9e, il faut mourir, alors Sarah Kane est pr\u00eate \u00e0 tenter cette exp\u00e9rience radicale et \u00e9crire pour le th\u00e9\u00e2tre semble pour elle s\u2019apparenter \u00e0 ce geste tragique. \u00catre regard\u00e9e, saisie dans sa v\u00e9rit\u00e9, c\u2019est \u00eatre aim\u00e9e, mais c\u2019est mourir en m\u00eame temps, car bannissant les fronti\u00e8res avec l\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-104i7\"><em>\u00ab Regardez-moi disparaitre regardez-moi<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-7biom\"><em>disparaitre regardez-moi<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-22b4p\"><em>regardez-moi<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-fnvql\"><em>regardez &#8230;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-dh0br\"><em>s\u2019il vous pla\u00eet levez le rideau \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-8qfmr\">Son \u0153uvre est une tentative pour cr\u00e9er dans la fiction un espace dans le r\u00e9el qui est le sien, un univers sans fronti\u00e8re entre elle et les autres, ni entre la vie et la mort, ce lieu difficilement accessible qui se situerait \u00ab sur la fronti\u00e8re \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-8fiar\">Pour conclure, je vous propose quelques r\u00e9flexions personnelles orient\u00e9es par des extraits du texte :<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-b69v9\">Ce texte est extr\u00eamement po\u00e9tique, cru, beau et authentique. <em>\u00ab Rappelle-toi de la lumi\u00e8re et crois la lumi\u00e8re, un instant de clart\u00e9 avant la nuit \u00e9ternelle, il ne faut pas que j\u2019oublie \u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-37d29\">Nous nous interrogeons sur ce qu\u2019est la solitude, la d\u00e9pression, la psychose, les fronti\u00e8res entre soi et les autres. Nous nous situons dans cet interstice, entre <em>\u00ab je ne veux pas mourir \u00bb<\/em> et <em>\u00ab je ne veux pas vivre \u00bb,<\/em> ce monstrueux \u00e9tat de paralysie qu\u2019elle d\u00e9crit en hurlant ses mots. Elle hurle effectivement un appel \u00e0 l\u2019aide au travers duquel elle aimerait simplement qu\u2019on lui parle et que l\u2019on communique avec elle, qu\u2019on lui demande ce fameux pourquoi ? Ce monde qu\u2019elle per\u00e7oit sans fronti\u00e8re mais dans lequel elle observe, dans l\u2019incompr\u00e9hension, le figement et le retrait de l\u2019autre face \u00e0 sa d\u00e9tresse.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-4o3il\">Que se passe-t-il en elle, dans cette institution peupl\u00e9e, dans cette chambr\u00e9e de visages inexpressifs qui ouvrent des yeux vides sur sa souffrance, si d\u00e9pourvus de signification qu\u2019elle se demande s\u2019il y a une intention malveillante ?<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-a2itk\"><em>\u00ab Je suis arriv\u00e9e \u00e0 la fin de cette effrayante de cette r\u00e9pugnante histoire d\u2019une conscience intern\u00e9e dans une carcasse \u00e9trang\u00e8re et cr\u00e9tinis\u00e9e par l\u2019esprit malveillant de la majorit\u00e9 morale \u00bb.<\/em> C\u2019est la maltraitance du psychiatre de cet h\u00f4pital qui glisse \u00e0 tous les niveaux et jamais \u00e0 la bonne place. Qui ose lui dire que se tailler les veines est une fa\u00e7on tr\u00e8s immature d\u2019attirer l\u2019attention et qu\u2019elle doit assumer ses actes. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, le personnel hospitalier qui tel un m\u00e9canisme rod\u00e9 sur un fonctionnement stimuli-r\u00e9ponse, teste sur elle traitement sur traitement : et cela ne marche pas.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-2vkg8\">Pour aboutir sur un manque de r\u00e9action, le n\u00e9ant, une existence noy\u00e9e et nou\u00e9e. De l\u2019autre, une \u00e2me flottante, d\u00e9bordante, en souffrance qui cherche \u00e0 \u00eatre sauv\u00e9e par ceux qui souhaitent la conformer, l\u2019uniformiser. Sur les observations cliniques du psychiatre il est mentionn\u00e9 <em>\u00ab Pens\u00e9es parano\u00efde- croit que le personnel hospitalier cherche \u00e0 l\u2019empoisonner \u00bb<\/em>. Mais ne l\u2019empoisonne-t-il pas r\u00e9ellement finalement ? Quelle alternative \u00e0 la prise de m\u00e9dicament ? La parole peut-\u00eatre ? D\u2019ailleurs apr\u00e8s cette derni\u00e8re prise de m\u00e9dicament, et que plus rien ne r\u00e9pond, aux prises de ceux qui lui ont fait comprendre qu\u2019elle \u00e9tait malade et qu\u2019il ne serait pas bon de rester sur la fronti\u00e8re :<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-akco3\"><em>\u00ab Et j\u2019ai si peur maintenant<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-bdcnt\"><em>Je vois des choses<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-7jt8o\"><em>J\u2019entends des choses<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-4g1fe\"><em>Je ne sais pas qui je suis<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-etuiu\"><em>Langue pendante<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-e41gi\"><em>Pens\u00e9e bloqu\u00e9e<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-6mk9q\"><em>Le froissement lent de mon esprit<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-fa1gc\"><em>Je vous supplie de me sauver de ma folie qui me d\u00e9vore \u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-e2erk\"><em>&#8212;&#8212;&#8211;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-88hqk\"><em>\u00ab Allons, raisonnons ensemble<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-mdd9\"><em>La sant\u00e9 mentale se trouve dans la montagne de la demeure du Seigneur \u00e0 l\u2019horizon de l\u2019\u00e2me qui \u00e9ternellement recule la t\u00eate est malade, la coiffe du c\u0153ur est tordue<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-8vvd0\"><em>Foule le sol o\u00f9 marche la sagesse<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-6intq\"><em>Embrasse de vieux mensonges- l\u2019insanit\u00e9 chronique des sains d\u2019esprit \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-e56rj\">Elle est venue \u00e0 eux dans l\u2019espoir d\u2019une gu\u00e9rison les consid\u00e9rant comme leur dernier espoir.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-a7v1k\">La sant\u00e9 mentale, figure mat\u00e9rialis\u00e9e par ce psychiatre maltraitant au cerveau courcircuit\u00e9 repr\u00e9sente \u00e0 lui seul la folie des murs rigides, de l\u2019\u0153il carr\u00e9, rigide et format\u00e9. Celui qui, \u00e0 l\u2019image des autres d\u00e9rape, ne la voit que comme coquille vide, contenant mal form\u00e9, d\u00e9form\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-96qvv\"><em>\u00ab Vous irez bien. Vous \u00eates forte. Je sais que \u00e7a va aller parce que je vous aime bien et on ne peut pas aimer quelqu\u2019un qui ne s\u2019aime pas. Ceux pour lesquels j\u2019ai des craintes ce sont ceux que je n\u2019aime pas parce qu\u2019ils se d\u00e9testent tellement qu\u2019ils ne laisseront personne les aimer non plus. Mais je vous aime vraiment bien. Vous me manquerez. Et je sais que \u00e7a va aller.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-8pqk5\"><em>Je d\u00e9teste ce putain de boulot et j\u2019ai besoin de mes amis pour ma sant\u00e9 mentale.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-et7pv\"><em>Si je suis en col\u00e8re, c\u2019est parce que je comprends, pas le contraire \u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-9so1\">D\u2019une chambre de torture \u00e0 l\u2019autre, une ignoble succession d\u2019erreurs sans r\u00e9mission. A chaque pas elle est tomb\u00e9e, pouss\u00e9e au suicide par le d\u00e9sespoir et l\u2019angoisse.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-5cqr0\">L\u2019angoisse que les m\u00e9decins ne savent pas soigner et ne se soucient pas de comprendre.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-76h2m\"><em>\u00ab Je ne me suis jamais tu\u00e9e avant ne cherchez donc pas de pr\u00e9c\u00e9dent. Ce qui s\u2019est pass\u00e9 avant c\u2019\u00e9tait juste le commencement.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-en2te\"><em>Je n\u2019ai aucun d\u00e9sir de mort. Aucun suicid\u00e9 n\u2019en a \u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-3iqej\"><em><strong>Vanessa Aubert<\/strong><\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 4 h 48 quand le d\u00e9sespoir fera sa visite je me pendrai au son du souffle de mon amour Durant l&rsquo;hiver 1999, quelques mois apr\u00e8s le succ\u00e8s rencontr\u00e9 par sa quatri\u00e8me pi\u00e8ce qui s\u2019intitule Manque, et alors qu&rsquo;elle vient d&rsquo;achever son manuscrit suivant, 4.48 Psychose, Sarah Kane, vingt-huit ans, dramaturge anglaise, avale cinquante somnif\u00e8res [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-295","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/asso-apps.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/295","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/asso-apps.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/asso-apps.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asso-apps.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asso-apps.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=295"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/asso-apps.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/295\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":296,"href":"https:\/\/asso-apps.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/295\/revisions\/296"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/asso-apps.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=295"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/asso-apps.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=295"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/asso-apps.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=295"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}