{"id":358,"date":"2026-03-08T18:05:54","date_gmt":"2026-03-08T18:05:54","guid":{"rendered":"https:\/\/asso-apps.org\/?p=358"},"modified":"2026-03-08T18:05:55","modified_gmt":"2026-03-08T18:05:55","slug":"lhaiku-nu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asso-apps.org\/index.php\/2026\/03\/08\/lhaiku-nu\/","title":{"rendered":"L\u2019ha\u00efku nu"},"content":{"rendered":"\n<p id=\"viewer-4kt\">Classiquement un ha\u00efku est un petit po\u00e8me visant \u00e0 dire et exprimer l\u2019\u00e9vanescence des choses.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-9k3mh\">Personnellement je le d\u00e9finirais ainsi : une forme d\u2019expression po\u00e9tique qui permet de percevoir dans le temps de l\u2019instant saisi, les contradictions de la r\u00e9alit\u00e9 humaine. il s\u2019agit d\u2019une sorte de photographie verbale, irradiant et faisant signe du vivant en mouvement, c\u2019est \u00e0 dire pouvant donner lieu \u00e0 des pouss\u00e9es interpr\u00e9tatives dans des sens compl\u00e8tement oppos\u00e9s. Je donne de l\u2019importance \u00e0 cette d\u00e9finition qui tranche avec la plupart des d\u00e9finitions qui s\u2019extasiant sur le merveilleux et le myst\u00e9rieux orientent vers l\u2019\u00e9loge de la transcendance.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-4rqrm\">Mais quel rapport avec le nu ? A priori aucun, m\u00eame si haiku se disait hokku \u00e0 l\u2019origine. Jeu de mot sans port\u00e9e en soi, m\u00eame si avec Artaud la question du cu y ram\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-74fup\">D\u2019une certaine fa\u00e7on il n\u2019 y a pas plus de rapport avec le nu qu\u2019avec un autre th\u00e8me. Et pourtant !<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-eqbjg\">Je souhaite fournir un outil logique universel \u00e0 partir de ce propos sur l\u2019ha\u00efku.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-da5n9\">Le mot haiku en japonais renvoie dans sa composition graphique \u00e0 l\u2019union de deux kanji, soit deux signes japonais assimilables aux caract\u00e8res chinois. Dans ce contexte linguistique difficile \u00e0 saisir pour l\u2019homme occidental, il est int\u00e9ressant de noter que le premier kanji (signe) du mot Haiku renvoie \u00e0 l\u2019id\u00e9e de ce qui est premier, ce qui est au commencement et que le second signe renvoie \u00e0 des sons assimilables aux syllabes.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-ffp8h\">L\u2019haiku en tant que contenu po\u00e9tique s\u2019\u00e9crit dans un ordre vertical. Bref et court, il coupe.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-19tp5\">L\u2019universel qui se profile est dans le fait que le premier kanji, est premier, commencement, ce qui est tout \u00e0 fait diff\u00e9rent d\u2019originaire. Et ce premier commande oriente le second qui concerne l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 des mots.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-fq8mo\">Pour le nu j\u2019\u00e9voquerais donc d\u2019abord le rapport avec ce qui est premier.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-5lc5m\">Le nu en tant qu\u2019apparence sociale dans l\u2019histoire humaine n\u2019est-il pas premier ? S\u2019il y a un primat du visuel dans l\u2019organisation mentale, le nu est certainement premier : les premiers humains \u00e9taient nus, vivaient nus, ce qu\u2019ils voyaient \u00e9taient la nudit\u00e9 des autres lorsqu\u2019ils \u00e9changeaient avec eux. Quel fut l\u2019impact de ce nu dans la relation au passage vers la position debout et \u00e0 l\u2019apparition du langage puis des langues ? Cela est port\u00e9 par la question du second kanji, les sons et leur organisation et reste un champ d\u2019\u00e9tudes anthropologiques peu explor\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-429p3\">La question est rarement pos\u00e9e ainsi dans la culture occidentale en ce qui concerne le premier, le primat, le commencement.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-nv9j\">Que dit-on en Occident de fa\u00e7on pr\u00e9dominante ? \u00ab&nbsp;Au commencement \u00e9tait le verbe&nbsp;\u00bb ou bien encore \u00ab&nbsp;Au commencement \u00e9tait l\u2019action ?&nbsp;\u00bb Ces formules sont typiques des religions monoth\u00e9istes et renvoient \u00e0 l\u2019Ancien Testament : le verbe s\u2019est fait chair \u00e0 l\u2019instant de la cr\u00e9ation des humains et la nudit\u00e9 en tant que faute appara\u00eet apr\u00e8s le p\u00e9ch\u00e9 originel. La femme, Eve, pose un acte. Elle transgresse l\u2019interdit divin. Il s\u2019en suit la r\u00e9v\u00e9lation de la nudit\u00e9, la conscience pour Adam et Eve d\u2019\u00eatre nus et la n\u00e9cessit\u00e9 de se cacher. Le nu bascule alors dans l\u2019histoire occidentale du c\u00f4t\u00e9 de la faute, de ce qui porte la faute.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-coqh\">Goethe, penseur de l\u2019universel, ne formule pas autrement les questions humaines : \u00ab&nbsp;Au commencement \u00e9tait l\u2019action&nbsp;\u00bb Freud s\u2019en inspirera et les formulations concernant le primat du verbe ou de l\u2019acte fourmillent dans les textes psychanalytiques au point d\u2019en faire religion. Freud s\u2019emparera de la question du nu infantile et plut\u00f4t que de briser l\u2019ordre religieux, il le renfor\u00e7a via le culte de la castration. Que voit l\u2019enfant qui d\u00e9couvre la nudit\u00e9 d\u2019un autre ? La castration ! Et cela fournira des r\u00e9ponses aberrantes aux probl\u00e8mes humains, du type : une fille est un gar\u00e7on castr\u00e9. Le complexe de castration va organiser avec l\u2019Oedipe une explication tout terrain dans la psychanalyse classique.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-8da9p\">L\u2019ha\u00efku apporte autre chose que cette civilisation de la faute.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-570k7\">Je reprendrai dans une autre orientation deux extraits de \u00ab&nbsp;L\u2019anthologie du po\u00e8te court japonais&nbsp;\u00bb de Caroline Atlan et Z\u00e9no Bianu. Le premier est \u00ab&nbsp;l\u2019haiku d\u00e9nude la langue jusqu\u2019\u00e0 la moelle \u00ab, le second est le concept de phrase vivante. Ils citent L\u00e9ang-Kiai de Tong-chan, po\u00e8te de l\u2019\u00e9poque des Tang \u00ab&nbsp;On appelle phrase morte une phrase dont le langage est encore du langage : une phrase vivante est celle dont le langage n\u2019est plus langage&nbsp;\u00bb point que j\u2019articule aux limites du langage que je d\u00e9cris comme nouage des mots aux images et aux sensations.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-955pc\">Il peut \u00eatre d\u00e9fini sur la base logique de l\u2019ha\u00efku le commencement pour un individu du moment o\u00f9 une phrase vivante fonctionne, moment o\u00f9 se produit un changement de valeur dans ce qui noue les mots, les images et les sensations de corps.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-die8f\">Et l\u2019ha\u00efku enseigne sur le nouage de valeurs des mots dans leurs rapports aux images et sensations de corps.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-dfch5\">Et l\u2019ha\u00efku du nu peut alors prendre une logique essentielle sur les questions des identit\u00e9s humaines, toujours prises dans des variations en conjuguant le commencement avec les ambigu\u00eft\u00e9s du nu.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-1dudc\">Je conclue avec Artaud qui brise l\u2019ordre anatomique du rapport au nu :<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-ahp33\">\u00ab&nbsp; Entre l\u2019infini et l\u2019ind\u00e9fini qui sont des id\u00e9es et des concepts il y a un \u00eatre sans conception, ni homme ni femme,et dont l\u2019homme et la femme \u00eatre n\u2019auront \u00e9t\u00e9 que des \u00e9tats passagers&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-n7bi\"><strong>Herv\u00e9 Hubert<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-73dv\">Article paru dans la revue Niepcebook n\u00b012, 2019<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Classiquement un ha\u00efku est un petit po\u00e8me visant \u00e0 dire et exprimer l\u2019\u00e9vanescence des choses. 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