{"id":418,"date":"2026-03-08T18:40:20","date_gmt":"2026-03-08T18:40:20","guid":{"rendered":"https:\/\/asso-apps.org\/?p=418"},"modified":"2026-03-08T18:40:20","modified_gmt":"2026-03-08T18:40:20","slug":"formulation-autour-du-meurtre-de-la-privation-et-de-la-creation-a-partir-dantonin-artaud","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asso-apps.org\/index.php\/2026\/03\/08\/formulation-autour-du-meurtre-de-la-privation-et-de-la-creation-a-partir-dantonin-artaud\/","title":{"rendered":"FORMULATION AUTOUR DU MEURTRE, DE LA PRIVATION ET DE LA CR\u00c9ATION \u00c0 PARTIR D\u2019ANTONIN ARTAUD"},"content":{"rendered":"\n<p id=\"viewer-3379v\">Antonin Artaud interroge \u00e0 sa fa\u00e7on la question fondamentale de la mort et de la cr\u00e9ation artistique dans ses textes publi\u00e9s sous le titre, L\u2019Art et la mort.1<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-r5nn\">D\u00e8s les premi\u00e8res lignes appara\u00eet la question de la sensation qui se transmet \u00e0 la fois dans les r\u00eaves et les situations d\u2019angoisse. La mort pour Antonin Artaud concerne la sensation et elle est qualifi\u00e9e d\u2019unique, sans semblable, brisante et merveilleuse :<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-c6nvp\">\u00ab Qui, au sein de certaines angoisses, au fond de quelques r\u00eaves n\u2019a connu la mort comme une sensa- tion brisante et merveilleuse avec quoi rien ne peut se confondre dans l\u2019ordre de l\u2019esprit ?2\u00bb Cette conjonction autour de la mort de la souffrance d\u2019un c\u00f4t\u00e9 et de la jouissance merveilleuse de l\u2019autre rel\u00e8ve bien d\u2019un binaire bien connu de la civilisation, au moins occidentale.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-94epv\">Cela se poursuit de fa\u00e7on toute psychanalytique dans un rapport \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 que transmettent les r\u00eaves :\u00ab Je viens de d\u00e9crire une sensation d\u2019angoisse et de r\u00eave, l\u2019angoisse glissant dans le r\u00eave, \u00e0 peu pr\u00e8s comme j\u2019imagine que l\u2019agonie doit glisser et s\u2019achever finalement dans la mort. En tout cas de tels r\u00eaves ne peuvent pas mentir. Ils ne mentent pas. Et ces sensations de mort mises bout \u00e0 bout, cette suffocation, ce d\u00e9sespoir, ces assoupissements, cette d\u00e9solation, ce silence, les voit-on dans la suspension agrandie d\u2019un r\u00eave, avec ce sentiment qu\u2019une des faces de la r\u00e9alit\u00e9 nouvelle est perp\u00e9tuellement derri\u00e8re soi ? \u00bb3<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-2db68\">Si la sensation est le moteur du mouvement vivant, ce mouvement se fait par glissement et s\u2019ach\u00e8ve par la mort. Le point important est bien s\u00fbr que \u00ab de tels r\u00eaves ne peuvent pas mentir \u00bb. L\u2019angoisse ne ment pas. Antonin Artaud serait-il heureux de se savoir pr\u00e9curseur de Lacan lorsque ce dernier indique que \u00ab si le sentiment ment, l\u2019angoisse ne trompe pas \u00bb ?<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-2mkf1\">Je parierais plut\u00f4t sur Antonin Artaud vocif\u00e9rant de sa tombe marseillaise : \u00ab En face de la lucidit\u00e9 de Van Gogh qui travaille, la psychiatrie n\u2019est plus qu\u2019un r\u00e9duit de gorilles eux-m\u00eames obs\u00e9d\u00e9s et pers\u00e9cut\u00e9s et qui n\u2019ont, pour pallier les plus \u00e9pouvantables \u00e9tats de l\u2019angoisse et de la suffocation humaine, qu\u2019une ridicule terminologie, digne produit de leurs cerveaux tar\u00e9s. Pas un psychiatre, qui ne soit un \u00e9rotomane notoire. Et je ne crois pas que la r\u00e8gle de l\u2019\u00e9rotomanie inv\u00e9t\u00e9r\u00e9e des psychiatres puisse souffrir aucune exception. J\u2019en connais un qui se rebella, il y a quelques ann\u00e9es, \u00e0 l\u2019id\u00e9e de me voir ainsi accuser en bloc tout le groupe de hautes crapules et de faiseurs patent\u00e9s auquel il appartenait. Moi, monsieur Artaud, me dit-il, je ne suis pas un \u00e9rotomane, et je vous d\u00e9fie bien de me montrer un seul des \u00e9l\u00e9ments sur lesquels vous vous basez pour porter votre accusation. Je n\u2019ai qu\u2019\u00e0 vous monter vous-m\u00eame, docteur L . , comme \u00e9l\u00e9ment, vous en portez sur votre gueule le stigmate, bougre d\u2019ignoble saligaud. C\u2019est la binette de qui introduit sa proie sexuelle sous la langue et la retourne ensuite en amande, pour faire figue d\u2019une certaine fa\u00e7on\u00bb4.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-bjjl9\">Il semble bien que ce docteur L. soit Jacques Lacan : \u00ab Nous lui avions demand\u00e9 (\u00e0 Antonin Artaud) \u00e0 qui il pensait lorsqu\u2019il nous dicta ce passage et il nous avait r\u00e9v\u00e9l\u00e9 avoir pris ici comme mod\u00e8le le docteur Jacques Lacan \u00bb5.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-v29v\">Cet apart\u00e9 nous enseigne deux points : le meurtre dans le transfert social, la cr\u00e9ation dans le transfert social.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-cuu7\">Antonin Artaud d\u00e9veloppe donc un transfert envers le docteur L. qui pourrait \u00eatre qualifi\u00e9 de meur- trier. Il me para\u00eet important de reprendre ce qu\u2019indique le philosophe Fran\u00e7ois Ch\u00e2telet \u00e0 propos de la th\u00e9orie de Freud sur la civilisation : \u00ab \u00c0 l\u2019origine de la civilisation, on pourrait dire aussi bien du pouvoir, de l\u2019activit\u00e9 politique, notait Totem et Tabou, il y a un meurtre, origine de l\u2019alliance des meurtriers et de leur commun remords \u00bb6.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-7mf14\">Il me semble qu\u2019il convient d\u2019aller plus loin encore \u00e0 partir de cette formule de Fran\u00e7ois Ch\u00e2telet. La th\u00e8se de Totem et Tabou est souvent ramen\u00e9e \u00e0 un mythe, celui du meurtre du P\u00e8re de la horde pri- mitive, de fa\u00e7on abstraite. Lorsque Ch\u00e2telet \u00e9crit que cela concerne aussi l\u2019origine du pouvoir ou du politique, l\u2019\u00e9l\u00e9ment concret des rapports sociaux est l\u00e0. Il peut \u00eatre ainsi \u00e9nonc\u00e9 que dans les rapports sociaux produits par les humains, la question du meurtre, en pens\u00e9e ou en action, est fondamentale. cela \u00e9cl\u00f4t dans le premier groupe social que conna\u00eet l\u2019\u00eatre humain, le groupe familial, puis se r\u00e9p\u00e8te \u00e0 l\u2019\u00e9cole, puis dans les rapports sociaux cr\u00e9\u00e9s par le mode de production \u00e9conomique et social. \u00c0 l\u2019extr\u00eame il pourrait \u00eatre \u00e9nonc\u00e9 que nous sommes tu\u00e9s par les rapports sociaux qui sont produits dans une soci\u00e9t\u00e9 donn\u00e9e. Ce mot \u00ab meurtre \u00bb me para\u00eet nettement plus int\u00e9ressant \u00e0 d\u00e9velopper que celui de mort ou de pulsion de mort, qui sont nettement plus abstraits, et teint\u00e9s de transcendance. Un meurtre, c\u2019est du concret, plus facilement pr\u00e9sent dans l\u2019immanence. Le meurtre, en pens\u00e9e ou en action, est un fait social fondamental et \u00e0 partir de ce fait, il y a une alliance des meurtriers et de leurs rapports subjectifs \u00e0 la faute li\u00e9e \u00e0 ce meurtre. C\u2019est ce qu\u2019Antonin Artaud d\u00e9nonce \u00e0 sa fa\u00e7on dans sa phrase concernant le groupe des meurtriers suppos\u00e9s : \u00ab tout le groupe de hautes crapules et de faiseurs patent\u00e9s \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-dv9ql\">Une autre phrase \u00ab C\u2019est la binette de qui introduit sa proie sexuelle sous la langue et la retourne ensuite en amande, pour faire figue d\u2019une certaine fa\u00e7on \u00bb nous fait faire transition vers le deuxi\u00e8me point important, celui de son transfert \u00e0 Jacques Rivi\u00e8re, \u00e9diteur de la NRF, avec qui il \u00e9tablira une correspondance entre le 1er mai 1923 et le 8 juin 1924. Cela aboutira \u00e0 la publication des \u0153uvres compl\u00e8tes d\u2019Antonin Artaud chez Gallimard. Jacques Rivi\u00e8re d\u00e9c\u00e8dera rapidement apr\u00e8s le jour de la Saint-Valentin 1925. L\u2019expression d\u2019 \u00ab amande am\u00e8re sous la langue \u00bb revient dans son commentaire ult\u00e9rieur du d\u00e9c\u00e8s de Jacques Rivi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-8b90c\">Cette correspondance est une v\u00e9ritable exp\u00e9rience transf\u00e9rentielle entre les deux hommes, amour et faute se conjuguent. V\u00e9ritable transfert, et donc affaire de meurtre !Je n\u2019extrairai ici que quelques \u00e9l\u00e9ments de la premi\u00e8re lettre d\u2019Antonin Artaud \u00e0 Jacques Rivi\u00e8re, celle du 5 juin 1923 pour tourner autrement le rapport \u00e9voqu\u00e9 au d\u00e9part entre l\u2019art et la mort. Plus exactement la th\u00e8se que je d\u00e9veloppe \u00e0 partir de cette lettre serait : face au meurtre de la privation, la puissance de la cr\u00e9ation.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-b52eb\">V\u00e9ritable transfert : Artaud place d\u2019embl\u00e9e Rivi\u00e8re dans l\u2019enjeu de sa cr\u00e9ation : \u00ab C\u2019est que la question de la recevabilit\u00e9 de ces po\u00e8mes est un probl\u00e8me qui vous int\u00e9resse autant que moi. Je parle, bien entendu, de leur recevabilit\u00e9 absolue, de leur existence litt\u00e9raire. \u00bb7 Quel est le rapport de Rivi\u00e8re \u00e0 l\u2019existence humaine dans la cr\u00e9ation de lettres, dans les rapports sociaux tiss\u00e9s par le litt\u00e9raire ? Il s\u2019adresse ainsi directement \u00e0 la fibre de l\u2019homme Rivi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-6a94s\">Il se place comme victime, malade : \u00ab Je souffre d\u2019une effroyable maladie de l\u2019esprit \u00bb8. Cette maladie est \u00e0 la fois commune et singuli\u00e8re, il s\u2019agit de la privation.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-ck4rp\">Face \u00e0 sa privation de pens\u00e9e, il saisit une forme : \u00ab Ma pens\u00e9e m\u2019abandonne, \u00e0 tous les degr\u00e9s. depuis le fait simple de la pens\u00e9e jusqu\u2019au fait ext\u00e9rieur de sa mat\u00e9rialisation dans les mots. Mots, formes de phrases, directions int\u00e9rieures de la pens\u00e9e, r\u00e9actions simples de l\u2019esprit, je suis \u00e0 la poursuite constante de mon \u00eatre intellectuel. Lors donc que je peux saisir une forme, si imparfaite soit-elle, je la fixe, dans la crainte de perdre toute la pens\u00e9e \u00bb9.. La question de la forme est premi\u00e8re pour faire face \u00e0 la privation. Il s\u2019agit de la fixer, fixer un point fondamental face \u00e0 la d\u00e9perdition. Il indique dans la contigu\u00eft\u00e9 : \u00ab Je suis au-dessous de moi-m\u00eame, je sais, j\u2019en souffre, mais j\u2019y consens dans la peur de ne pas mourir tout \u00e0 fait \u00bb10. C\u2019est une phrase tr\u00e8s importante qui nous indique qu\u2019il consent \u00e0 une souffrance, car il jouit du simple fait que cela a valeur de vie. il pense au suicide, au meurtre de lui- m\u00eame mais a peur dans cet acte suicidaire de ne pas mourir tout \u00e0 fait.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-bk9ja\">Artaud conna\u00eet le reproche de Rivi\u00e8re quant \u00e0 la qualit\u00e9 de ses po\u00e8mes mais a sa r\u00e9ponse et c\u2019est essentiel : le crit\u00e8re de la sensation prime pour lui. \u00ab Ces tournures, ces expressions mal venues que vous me reprochez, je les ai senties et accept\u00e9es. Rappelez-vous : je ne les ai pas contest\u00e9es. Elle proviennent de l\u2019incertitude profonde de ma pens\u00e9e. Bienheureux quand cette incertitude n\u2019est pas remplac\u00e9e par l\u2019inexistence absolue dont je souffre quelquefois \u00bb11.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-7loq4\">\u00c0 la faute de style, \u00e0 la faiblesse de la tournure po\u00e9tique, Artaud r\u00e9pond par ce qui est sp\u00e9cifique \u00e0 la cr\u00e9ation : la n\u00e9cessit\u00e9 de la sensation. La forme doit \u00eatre sentie et les tournures doivent provoquer une sensation. Voici la boussole qui pousse vers la vie et donc la cr\u00e9ation. C\u2019est la boussole dans la lutte contre la privation totale : \u00ab Je voudrais que vous compreniez bien qu\u2019il ne s\u2019agit pas de ce plus ou moins d\u2019existence qui ressortit \u00e0 ce que l\u2019on est convenu d\u2019appeler l\u2019inspiration, mais d\u2019une absence totale, d\u2019une v\u00e9ritable d\u00e9perdition \u00bb12.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-2bjb9\">Antonin Artaud pose la question de son existence \u00e0 travers sa cr\u00e9ation : \u00ab Et la question \u00e0 laquelle je voudrais avoir r\u00e9ponse est celle-ci : Pensez vous qu\u2019on puisse reconna\u00eetre moins d\u2019authenticit\u00e9 litt\u00e9raire et de pouvoir d\u2019action \u00e0 un po\u00e8me d\u00e9fectueux mais sem\u00e9 de beaut\u00e9s fortes qu\u2019\u00e0 un po\u00e8me parfait mais sans grand retentissement int\u00e9rieur ? J\u2019admets qu\u2019une revue comme La Nouvelle Revue Fran\u00e7aise exige un certain niveau formel, et une grande puret\u00e9 de mati\u00e8re, mais ceci enlev\u00e9, la subs- tance de ma pens\u00e9e est-elle donc si m\u00eal\u00e9e et sa beaut\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale est-elle rendue si peu active par les impuret\u00e9s et les ind\u00e9cisions qui la pars\u00e8ment qu\u2019elle ne parvienne pas LITT\u00c9RAIREMENT \u00e0 exister? C\u2019est tout le probl\u00e8me de ma pens\u00e9e qui est en jeu. Il ne s\u2019agit pour moi de rien moins que de savoir si j\u2019ai ou non le droit de continuer \u00e0 penser, en vers ou en prose \u00bb13.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-9i64n\">Artaud pose en termes simples le paradigme du processus artistique cr\u00e9atif : face \u00e0 une privation et au meurtre du potentiel qu\u2019il rec\u00e8le, il s\u2019agit de sentir une forme puis une sensation \u00e0 travers ce qui est cr\u00e9\u00e9. Cela donne une jouissance de sensation, une jouissance d\u2019existence car cela produit une valeur de vie qui fonctionne. Une valeur de jouissance est produite et circule. Cela pare \u00e0 la privation. Il s\u2019agit alors d\u2019avoir un droit social pour cr\u00e9er et vivre socialement. Ce paradigme me para\u00eet universel quant \u00e0 la question de la cr\u00e9ation sociale humaine. Paradigme signifie qu\u2019\u00e0 partir de cet \u00e9nonc\u00e9 d\u00e9crit il peut toujours en \u00eatre dit. Cela ne signifie aucunement mod\u00e8le de pens\u00e9e. N\u2019oublions pas la parole d\u2019Antonin Artaud : \u00ab Car un ali\u00e9n\u00e9 est aussi un homme que la soci\u00e9t\u00e9 n\u2019a pas voulu entendre et qu\u2019elle a voulu emp\u00eacher d\u2019\u00e9mettre d\u2019insupportables v\u00e9rit\u00e9s \u00bb14.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-cqhsv\"><strong>Herv\u00e9 Hubert<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-1k1uj\">1 Artaud Antonin, L\u2019art et la mort, in Oeuvres compl\u00e8tes I*, NRF, Gallimard, Paris, 1984, p. 121 &#8211; 155 2 Artaud Antonin, L\u2019art et la mort, in Oeuvres compl\u00e8tes I*, NRF, Gallimard, Paris, 1984, p.1233 Idem, p. 124<\/p>\n\n\n\n<p id=\"viewer-626pl\">4 Antonin Artaud, Oeuvres compl\u00e8tes XIII, Van Gogh le suicid\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9, NRF, Gallimard, 1974, Paris, p. 155 Voir la note p. 3086 Fran\u00e7ois Ch\u00e2telet, \u00abUne th\u00e9orie de la civilisation\u00bb in L\u2019apathie lib\u00e9rale avanc\u00e9e et autres textes critiques, Le Seuil, Paris, 2015, p. 2157Antonin Artaud, Oeuvres compl\u00e8tes I*, NRF Gallimard, Paris, 1984, p. 248 idem9 idem10 idem11 dem12 idem13 idem, p. 2514 Van Gogh, le suicid\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9, opus cit\u00e9, p. 17<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Antonin Artaud interroge \u00e0 sa fa\u00e7on la question fondamentale de la mort et de la cr\u00e9ation artistique dans ses textes publi\u00e9s sous le titre, L\u2019Art et la mort.1 D\u00e8s les premi\u00e8res lignes appara\u00eet la question de la sensation qui se transmet \u00e0 la fois dans les r\u00eaves et les situations d\u2019angoisse. 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