{"id":491,"date":"2026-03-08T19:32:00","date_gmt":"2026-03-08T19:32:00","guid":{"rendered":"https:\/\/asso-apps.org\/?p=491"},"modified":"2026-03-08T19:32:00","modified_gmt":"2026-03-08T19:32:00","slug":"le-corps-qui-lutte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asso-apps.org\/index.php\/2026\/03\/08\/le-corps-qui-lutte\/","title":{"rendered":"Le corps qui lutte"},"content":{"rendered":"\n<p>Lors des rencontres de psychanalyse sociale, nous invitons un \u00ab acteur social \u00bb \u00e0 venir parler, faire r\u00e9cit, faire r\u00e9ponse aux questions concernant la production de sa vie dans le social. Artiste, auteur, simple quidam ou autre P\u00e9kin-Lambda, il est invit\u00e9 pour t\u00e9moigner de son engagement transf\u00e9rentiel. En d\u00e9cembre dernier, Soufiane Adel, cin\u00e9aste, est venu t\u00e9moigner de son histoire o\u00f9 les possibilit\u00e9s de faire et cr\u00e9er librement se croisent avec la domination sociale, les langages, les images pour aboutir au questions du corps, \u00e9bauche d\u2019un rapport politique et social du corps. Ainsi est n\u00e9 son texte que nous publions ici. Herv\u00e9 Hubert <strong>Le corps qui lutte<\/strong> Je suis n\u00e9 en Alg\u00e9rie en 1981, dans les montagnes, \u00e0 deux heures d\u2019une petite ville, qui s\u2019appelle Bejaia. Mon p\u00e8re lui est n\u00e9 en France, en 1955, mais, quand il a \u00e9t\u00e9 majeur, il est retourn\u00e9 en Alg\u00e9rie, dans le village de son p\u00e8re pour se marier l\u00e0-bas avec ma m\u00e8re et s\u2019y installer. Je suis n\u00e9 et j\u2019ai grandi dans ce village, puis \u00e0 l\u2019\u00e2ge de mes huit ans, mon p\u00e8re a soudainement d\u00e9cid\u00e9 de tout quitter pour revenir s\u2019installer en France, il ne supportait plus le climat de tension entre ses parents, en pleine s\u00e9paration. Il est parti seul et nous l\u2019avons rejoint \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 1989. Je suis arriv\u00e9 en France avec ma langue maternelle, le kabyle, j\u2019avais eu \u00e0 peine le temps d\u2019apprendre \u00e0 parler et \u00e0 \u00e9crire l\u2019arabe, en Alg\u00e9rie. Arriv\u00e9 en r\u00e9gion parisienne, j\u2019ai int\u00e9gr\u00e9 un dispositif CLIN (classe d\u2019int\u00e9gration), remplac\u00e9 depuis 2012 par l\u2019UPE2A (Unit\u00e9s P\u00e9dagogiques d\u2019Enseignement pour les \u00e9l\u00e8ves Allophones Arrivants). Je parlais kabyle \u00e0 la maison. \u00c0 l\u2019\u00e9cole, nous apprenions en alternance l\u2019arabe et le fran\u00e7ais, j\u2019\u00e9tais d\u00e9j\u00e0 assez d\u00e9pass\u00e9 par l\u2019arabe que je n\u2019avais pas suffisamment assimil\u00e9 en Alg\u00e9rie. La question de la langue est apparue centrale au moment de mon immigration : le kabyle, ses symboles, son alphabet, la transmission orale. Le fran\u00e7ais, dans un premier temps abstrait, est devenue langue principale d\u2019\u00e9changes, de vie sociale et culturelle. J\u2019ai le souvenir qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e2ge de 8 ans je comptais en fran\u00e7ais jusqu\u2019au nombre 26. Les math\u00e9matiques sont pour moi li\u00e9es \u00e0 l\u2019apprentissage du fran\u00e7ais. Il y avait l\u00e0 une grande richesse et une multitude de combinaisons possibles. Le langage devenait une expression, un espace riche et r\u00e9volutionnaire. Cette question de la langue est rest\u00e9e centrale dans mon travail de cin\u00e9aste, le kabyle, l\u2019arabe, le fran\u00e7ais, puis d\u2019autres langues apprises \u00e0 l\u2019\u00e9cole, l\u2019anglais et l\u2019espagnol ; elles m\u2019ont ouvert les portes de l\u2019\u00e9criture po\u00e9tique \u00e0 partir de l\u2019observation du r\u00e9el, comme une possible mise \u00e0 distance de ce qui est observ\u00e9 et parfois subi. Une image s\u2019est cristallis\u00e9e au moment de cette immigration, la vision d\u2019une for\u00eat, en train d\u2019\u00eatre abattue, au dessus de l\u2019a\u00e9roport d\u2019Orly, j\u2019ai eu \u00e0 ce moment l\u00e0, l\u2019impression d\u2019arriver dans un monde nouveau. Mais pas le nouveau monde que j\u2019esp\u00e9rais d\u00e9j\u00e0 construit, combl\u00e9 de lumi\u00e8re, un palais. J\u2019\u00e9tais d\u00e9\u00e7u. Je me souviens juste d\u2019une bouteille de jus de fruit qui nous attendait \u00e0 notre arriv\u00e9e dans le studio que nous allions habiter. En France, j\u2019ai pris conscience que quelque chose prenait de l\u2019ampleur, non pas, \u00e0 cause de mon statut d\u2019immigr\u00e9, mais cela se passait dans les rapports sociaux, les rapports de classe. De toute fa\u00e7on avec ou sans ma\u00eetrise de la langue, j\u2019ai tout de suite \u00e9t\u00e9 confront\u00e9 \u00e0 l\u2019existence de la lutte des classes, sans savoir, ni avoir conscience que j\u2019appartenais au prol\u00e9tariat. Mon p\u00e8re travaillait comme m\u00e9canicien poids lourds, cela lui prenait 80% de son temps, du lundi au samedi et le dimanche. Il allait bricoler pour d\u2019autres, m\u00eame pendant les grandes vacances scolaires : c\u2019\u00e9tait pay\u00e9 double. La m\u00e9canique est devenue famili\u00e8re chez moi, j\u2019allais le voir au garage. J\u2019observais cet immense hangar, o\u00f9 des hommes faisaient des gestes manuels tr\u00e8s techniques, po\u00e9sie des mains et de la machine. Ma m\u00e8re gardait des enfants \u00e0 la maison. Je me souviens enfant, que mes parents nous rappelaient l\u2019importance des \u00e9tudes : ce qu\u2019ils faisaient, disaient-ils, \u00e9tait un sacrifice pour que nous acc\u00e9dions \u00e0 une vie meilleure. Il fallait que notre g\u00e9n\u00e9ration sorte de la condition ouvri\u00e8re et prol\u00e9taire. Pas de m\u00e9tiers \u00ab manuels \u00bb nous r\u00e9p\u00e9tait mon p\u00e8re, le regard cristallis\u00e9, il nous montrait ses mains fig\u00e9es, masqu\u00e9es par le cambouis et les \u00e9raflures de m\u00e9taux. Les mains \u00e9taient le fer de lance de mon p\u00e8re, il disait \u00e0 ma m\u00e8re de ne jamais nous taper sur les mains, cela risquait de nous inhiber, de nous rendre impuissant. Les mains \u00e9taient mises en avant. Le m\u00e9tier qui symbolisait la r\u00e9ussite pour mon p\u00e8re c\u2019\u00e9tait m\u00e9decin ou avocat. Moi j\u2019aimais bricoler, dessiner des voitures, des camions. Les \u00e9tudes sont devenues un \u00e9l\u00e9ment central dans notre apprentissage et notre rapport au monde. Je me suis int\u00e9ress\u00e9 naturellement \u00e0 partir du coll\u00e8ge au dessin industriel, avant de conna\u00eetre l\u2019existence du m\u00e9tier de designer industriel, designer automobile. J\u2019entrevoyais dans le dessin, la possibilit\u00e9 d\u2019une projection, d\u2019une utopie, synth\u00e8se des mains et de l\u2019esprit. En classe de 3\u00e8me, j\u2019ai d\u00e9pos\u00e9 ma candidature pour aller en Seconde option Arts Appliqu\u00e9s \u00e0 une heure et demi de chez moi, \u00e0 Vitry-sur-Seine. Il y avait trop peu de lyc\u00e9es en r\u00e9gion parisienne, les lyc\u00e9es d\u2019Arts Appliqu\u00e9s \u00e0 Paris n\u2019\u00e9taient pas ouverts aux \u00e9l\u00e8ves n\u2019habitant pas Paris intramuros. En Arts Appliqu\u00e9s, j\u2019ai d\u00e9couvert le dessin technique, mais aussi l\u2019expression plastique, le corps nu \u00e0 repr\u00e9senter, le dessin abstrait. J\u2019ai aussi \u00e9tudi\u00e9 l\u2019histoire de l\u2019art et l\u2019histoire des arts appliqu\u00e9s. Le regard et l\u2019analyse sur l\u2019\u00e9volution des techniques et des repr\u00e9sentations, ont \u00e9t\u00e9 importants pour la compr\u00e9hension des enjeux esth\u00e9tiques et politiques. Je me souviens avoir \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9 -par le proc\u00e8s des 26, dont le peintre Ingres \u00e9tait l\u2019un des signataires, sur l\u2019opposition \u00e0 assimiler la photographie \u00e0 l\u2019art en 1826. Une attitude qui m\u2019avait sembl\u00e9 r\u00e9actionnaire et conservatrice. Je pense que ces questions de l\u2019histoire de l\u2019art, de l\u2019histoire des arts appliqu\u00e9s et des techniques, ont \u00e9t\u00e9 assez importantes, comme une forme d\u2019\u00e9lan, afin d\u2019essayer aujourd\u2019hui, de r\u00e9fl\u00e9chir de fa\u00e7on plus complexe les enjeux d\u2019innovations, face \u00e0 un immobilisme bourgeois planant. M\u00eame si la question de l\u2019\u00e9volution \u00e9tait encore abstraite, elle traversait mon esprit. J\u2019ai d\u00e9velopp\u00e9 la transformation et l\u2019invention de formes et de mati\u00e8res \u00e0 partir d\u2019activit\u00e9s manuelles. En 2001, j\u2019ai pr\u00e9sent\u00e9 le concours de l\u2019Ecole Nationale Sup\u00e9rieure de Cr\u00e9ation Industrielle, \u00e0 Paris, pour \u00eatre form\u00e9 aux m\u00e9tiers du design. C\u2019\u00e9tait la seule \u00e9cole possible. Elle avait une approche assez originale et singuli\u00e8re d\u2019un point de vue p\u00e9dagogique, et dans le rapport \u00e0 l\u2019apprentissage. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 accept\u00e9. Le matin de ma rentr\u00e9e scolaire, c\u2019\u00e9tait le 11 septembre 2001. Chez moi je d\u00e9couvrais les images des deux avions percutant les tours jumelles du World Trade Center. Sans doute l\u2019entr\u00e9e fracassante de mon \u0153il dans un autre si\u00e8cle ? J\u2019ai \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cole avec ces images-l\u00e0, sachant que lorsque je suis arriv\u00e9 dans cette \u00e9cole-l\u00e0, on m\u2019avait dit que c\u2019\u00e9tait la premi\u00e8re fois qu\u2019ils prenaient un \u00e9l\u00e8ve d\u2019origine alg\u00e9rienne dans l\u2019\u00e9cole. Il y a quelque chose o\u00f9 je pense que cet \u00e9v\u00e9nement a dialogu\u00e9 en moi, \u00e0 savoir que je me disais : \u00ab Mais qui suis-je ? \u00bb \u00ab Que-se passe-il ? \u00bb \u00ab Est-ce que cet \u00e9v\u00e9nement va m\u2019\u00eatre pr\u00e9judiciable ? \u00bb \u00ab Comment je vais pouvoir le vivre ? \u00bb C\u2019est comme cela que j\u2019ai commenc\u00e9 mon apprentissage dans cette Ecole-l\u00e0, et tr\u00e8s rapidement dans les premiers mois, je me suis inscrit dans un atelier vid\u00e9o, dirig\u00e9 par un documentariste, et l\u00e0 j\u2019ai d\u00e9couvert le cin\u00e9ma ou plut\u00f4t red\u00e9couvert. En effet le cin\u00e9ma a toujours \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent, depuis l\u2019Alg\u00e9rie avec des cassette de Conan Le barbare qu\u2019apportaient mes oncles de France ainsi que mon p\u00e8re qui a \u00e9t\u00e9 un grand spectateur du cin\u00e9ma am\u00e9ricain. Je d\u00e9couvrais \u00e0 travers lui des films de guerre et des films politique am\u00e9ricains, Apocalypse Now, Platoon, Les 7 jours du Condor. Il y avait quelque chose li\u00e9 \u00e0 la guerre et \u00e0 la violence subie et projet\u00e9e sur les hommes. En 2001, ce n\u2019\u00e9tait plus la t\u00e9l\u00e9vision, ni le cin\u00e9ma am\u00e9ricain que je d\u00e9couvrais, c\u2019\u00e9tait le n\u00e9or\u00e9alisme italien. Cela a \u00e9t\u00e9 un choc spectaculaire et il y a quatre films tr\u00e8s importants dans ma d\u00e9couverte\/cette r\u00e9v\u00e9lation : Le Voleur de bicyclette, de Vittorio De Sica, puis une trilogie de Rossellini, Allemagne ann\u00e9e z\u00e9ro, Rome ville ouverte et Pa\u00efsa. Il y avait quelque chose pour moi l\u00e0, d\u2019assez important sur cette question de l\u2019individu, de l\u2019humain, de son rapport au monde social : voyez Anna Magnani et le collectif, dans Rome ville ouverte. Je crois que c\u2019est \u00e7a qui s\u2019est pass\u00e9, dans ce que j\u2019ai compris, depuis ma banlieue de Champigny-sur-Marne ; ce qui se passait \u00e0 cette \u00e9poque l\u00e0, est toujours contemporain. Le cin\u00e9ma a \u00e9t\u00e9 central dans ma pratique du design au sein de l\u2019Ecole. En allant \u00e0 la d\u00e9couverte de ces films, dans cette Ecole, j\u2019ai tr\u00e8s vite compris que je n\u2019avais pas tous les codes, au sens o\u00f9 je n\u2019avais pas les codes esth\u00e9tiques. Lorsqu\u2019on me demandait de dessiner une chaise, de dessiner une table, c\u2019\u00e9tait assez compliqu\u00e9 m\u00eame de r\u00e9pondre \u00e0 des questions ergonomiques, de confort, peut-\u00eatre aussi parce que cette question du confort \u00e9tait li\u00e9e au confort social mat\u00e9riel, dans lequel je vivais, qui n\u2019\u00e9tait pas toujours constant. Mais je pense que ce que m\u2019a amen\u00e9 le n\u00e9o-r\u00e9alisme italien dans ma pratique de designer, c\u2019est que je me suis int\u00e9ress\u00e9 au design social, en formulant comme ce qui suit : \u00ab Comment l\u2019innovation technologique peut-\u00eatre au service de l\u2019innovation sociale ? \u00bb Autrement dit : \u00ab Comment le design, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, pouvait \u00eatre un outil pouvant lutter contre des in\u00e9galit\u00e9s ou des disparit\u00e9s ? \u00bb Les deux disciplines avan\u00e7aient toujours conjointement dans mes r\u00e9flexions. Apr\u00e8s mon dipl\u00f4me de designer industriel, je suis tomb\u00e9 sur le livre de Jack London, Martin Eden. Le livre a eu un effet miroir, comme celui provoqu\u00e9 par Allemagne ann\u00e9e z\u00e9ro, mais \u00e0 une \u00e9chelle plus individuelle. J\u2019ai tout de suite eu envie de l\u2019adapter au cin\u00e9ma. J\u2019ai \u00e9crit deux versions de sc\u00e9nario. Apr\u00e8s plusieurs difficult\u00e9s \u00e0 le mettre en production, j\u2019ai continu\u00e9 \u00e0 d\u00e9velopper l\u2019\u00e9criture. Je pense que j\u2019avais \u00e9t\u00e9 assez perdu. Avant, de trouver, enfin l\u2019axe de travail. Alors perdu parce que dans cet univers de ma pratique cin\u00e9matographique, je pense qu\u2019au fur et \u00e0 mesure, j\u2019ai sans doute voulu trop \u00e9couter comment pouvait se financer un film, comment de fa\u00e7on polie , mesur\u00e9e on pouvait faire aboutir un projet. Je me questionnais : \u00ab fallait-il s\u00e9duire ou pas ? \u00bb J\u2019en suis arriv\u00e9 \u00e0 un moment de ma pratique o\u00f9 je me suis beaucoup interrog\u00e9 pour comprendre comment \u00e7a marche, ou comment \u00e7a peut convaincre . J\u2019\u00e9tais loin d\u2019un raisonnement libre. J\u2019ai cess\u00e9 de penser comme cela, J\u2019ai r\u00e9fl\u00e9chi \u00e0 ce que j\u2019ai appris, ce que j\u2019ai observ\u00e9, ce que l\u2019\u00e9cole m\u2019a transmis, \u00e0 la fois sur la question de la prise de risque, sur l\u2019autonomie, et l\u2019innovation-valeur. Je pense que ce projet, qui avait commenc\u00e9 en 2009 a dur\u00e9, parce que cette question-l\u00e0 n\u2019\u00e9tait pas totalement claire, la question de l\u2019\u00e9criture, la question politique du projet, la question d\u2019\u00eatre libre, n\u2019\u00e9tait pas claire. Et au fur \u00e0 mesure, elle est devenue visible. Il y a eu une confusion, parce que lors de mon divorce, il y avait aussi une sorte de projection, par rapport \u00e0 cette histoire, \u00e0 l\u2019histoire du roman. Parall\u00e8lement \u00e0 ce projet d\u2019adaptation, j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de tourner d\u2019autres formes, j\u2019avais \u00e9t\u00e9 beaucoup marqu\u00e9 par la danse contemporaine, parce qu\u2019il m\u2019avait sembl\u00e9 que c\u2019\u00e9tait un espace de r\u00e9flexion, o\u00f9 le corps est parfois mis \u00e0 dure \u00e9preuve, \u00e0 nu. Et donc j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de tourner des s\u00e9quences avec des danseurs et des non danseurs dans un parc en banlieue, \u00e0 partir de deux paragraphes du roman de Jack London, Martin Eden. Les outils et la technique m\u2019int\u00e9ressent . Pour ce projet j\u2019ai voulu filmer toute cette danse au ralenti. Ralenti 20 fois. Je pense que cette question du corps, qui est venue au fur \u00e0 mesure dans mon travail, elle n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 imm\u00e9diate. Elle s\u2019est poursuivie ensuite dans l\u2019adaptation d\u2019une nouvelle de Jack London qui s\u2019appelait , A piece ok steak, qui raconte l\u2019histoire d\u2019un boxeur d\u00e9j\u00e0 sur le gril, mais qui n\u2019a plus d\u2019argent, et qui doit, pour nourrir sa famille, accepter un combat, sachant qu\u2019il va perdre. Cette question du corps qui lutte, a \u00e9t\u00e9 importante. L\u2019expression du corps pour raconter, dire, la lutte, la transformation, la respiration et le combat. Une \u00e9criture fondamentale pour rendre possible le changement.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Soufiane ADEL<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lors des rencontres de psychanalyse sociale, nous invitons un \u00ab acteur social \u00bb \u00e0 venir parler, faire r\u00e9cit, faire r\u00e9ponse aux questions concernant la production de sa vie dans le social. 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